« Notre voisine a péri du hamaj (mauvaise gestion)… et, quand la faim la tenaille, elle dévore un chevreau ou quelque bête bien grasse. »
Le terme hamaj est ici employé comme nom d’action et signifie : la mauvaise administration des moyens d’existence.
Quant à l’expression « hamaj hâmij », elle est du même type que « layl lâyil » (1).
Les raʿâʿ, parmi les hommes, sont les sots dont on ne fait aucun cas.
- À propos de sa parole : « suiveurs de tout crieur », c’est-à-dire que quiconque leur lance un cri et les appelle, ils le suivent, qu’il les convie à la bonne direction ou à l’égarement. Ils ne savent rien de ce à quoi on les invite, que ce soit fondé ou faux ; ils se contentent donc de répondre à l’appel.
Ces gens sont, parmi les créatures, les plus nuisibles (2) aux religions : les plus nombreux en effectif, mais les moins considérés auprès d’Allah. Ils sont le combustible de chaque tentation (fitna) ; c’est par eux qu’elle s’allume et que son brasier s’attise, car les gens de piété s’en écartent tandis que les hamaj – la populace – l’entretiennent.
Celui qui les appelle est qualifié de nāʿiq (crieur), par comparaison avec les bêtes de troupeau que le berger fait avancer en criant, lesquelles le suivent où qu’il aille. Allah – exalté soit-Il – dit : « L’exemple de ceux qui mécroient est celui du berger qui crie après un troupeau qui n’entend rien sinon un appel et une voix. Sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent pas. » (Coran, 2 : 171).
La description qu’en a faite l’Émir des croyants provient de leur ignorance et de l’obscurité de leurs cœurs : privés de lumière et de clairvoyance, ils sont incapables de distinguer la vérité de l’erreur ; tout leur paraît équivalent.
- Quant à son propos : « Ils penchent avec tout vent » – et, dans une autre version : « avec tout crieur » –, il a comparé