La deuxième catégorie est celle de l’apprenant engagé sur la voie du salut : autrement dit, celui qui vise, par son savoir, la délivrance. Il est sincère dans son apprentissage, n’étudie que ce qui lui est profitable et met en pratique ce qu’il a acquis. On ne peut donc qualifier d’« apprenant sur la voie du salut » que celui qui réunit ces trois conditions ; car, s’il recherche un savoir qui lui nuit et ne lui profite pas, il n’est pas sur la voie du salut ; s’il apprend un savoir utile sans avoir pour but le salut, il en est de même ; et s’il l’acquiert sans l’appliquer, il ne parviendra pas au salut. Voilà pourquoi l’auteur l’a décrit comme étant « sur la voie », c’est-à-dire sur le chemin qui le conduit au salut.
D’un point de vue syntaxique, la préposition « sur » (ʿalâ) et le syntagme qu’elle introduit ne se rapportent au mot « apprenant » qu’à titre implicite : il s’agit en réalité d’une personne qui examine et recherche la voie de son salut pour l’emprunter ; son apprentissage constitue donc une investigation de cette voie salvatrice.
Tel est le second degré. Il ne s’agit pas de celui qui acquiert la science pour polémiquer avec les ignorants, rivaliser avec les savants ou attirer vers lui l’attention des gens ; celui-là fait partie des gens du Feu, comme l’établit le hadith (1), authentifié par Abû Nuʿaym, Abû ʿAmr Ibn al-Ṣalâḥ et d’autres.
Ibn al-Ṣalâḥ ajoute : Abû Nuʿaym a également authentifié cette parole du Prophète — que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui : « Quiconque acquiert une science que l’on recherche pour la Face d’Allah, mais ne l’apprend que pour obtenir un avantage de ce bas-monde, n’humerait même pas le parfum du Paradis. » (2)