Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

La deuxième catégorie est celle de l’apprenant engagé sur la voie du salut : autrement dit, celui qui vise, par son savoir, la délivrance. Il est sincère dans son apprentissage, n’étudie que ce qui lui est profitable et met en pratique ce qu’il a acquis. On ne peut donc qualifier d’« apprenant sur la voie du salut » que celui qui réunit ces trois conditions ; car, s’il recherche un savoir qui lui nuit et ne lui profite pas, il n’est pas sur la voie du salut ; s’il apprend un savoir utile sans avoir pour but le salut, il en est de même ; et s’il l’acquiert sans l’appliquer, il ne parviendra pas au salut. Voilà pourquoi l’auteur l’a décrit comme étant « sur la voie », c’est-à-dire sur le chemin qui le conduit au salut.

D’un point de vue syntaxique, la préposition « sur » (ʿalâ) et le syntagme qu’elle introduit ne se rapportent au mot « apprenant » qu’à titre implicite : il s’agit en réalité d’une personne qui examine et recherche la voie de son salut pour l’emprunter ; son apprentissage constitue donc une investigation de cette voie salvatrice.

Tel est le second degré. Il ne s’agit pas de celui qui acquiert la science pour polémiquer avec les ignorants, rivaliser avec les savants ou attirer vers lui l’attention des gens ; celui-là fait partie des gens du Feu, comme l’établit le hadith (1), authentifié par Abû Nuʿaym, Abû ʿAmr Ibn al-Ṣalâḥ et d’autres.

Ibn al-Ṣalâḥ ajoute : Abû Nuʿaym a également authentifié cette parole du Prophète — que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui : « Quiconque acquiert une science que l’on recherche pour la Face d’Allah, mais ne l’apprend que pour obtenir un avantage de ce bas-monde, n’humerait même pas le parfum du Paradis. » (2)

(1) Ce hadith est rapporté par plusieurs Compagnons, mais je n’en connais aucune chaîne vraiment authentique, bien que certains savants en aient jugé certaines acceptables. Al-‘Uqayli note, dans al-Du‘afâ’ (2/130) : « Plusieurs hadiths émanent de divers Compagnons sur ce sujet, leurs isnad restent fragiles. » Voir aussi al-Kâmil d’Ibn ‘Adî (1/332 ; 7/216). On le trouve également cité comme simple parole de quelques prédécesseurs, et cette attribution paraît plus vraisemblable. (2) Ahmad (2/338), Abû Dâwûd (3664), Ibn Mâjah (252) et d’autres l’ont transmis d’après Abû Hurayra avec une chaîne entachée de faiblesse. Ibn Hibbân (n° 78) et al-Hâkim (1/85) l’ont néanmoins authentifié, sans que al-Dhahabî ne les conteste. Il en existe une version mursal, mieux étayée ; al-Dâraqutnî déclare dans al-‘Ilal (11/9) : « La version mursal est la plus correcte. » Abû Zur‘a y a relevé une autre irrégularité ; cf. ‘Ilal Ibn Abî Hâtim (2/438). Après l’avoir cité, al-‘Uqayli (3/466) conclut : « Les récits de ce chapitre sont aux chaînes fragiles. » Al-Mu‘allimî ajoute enfin, dans ses annotations aux Fawâ’id majmû‘a (p. 330), qu’Abû Nu‘aym emploie parfois le terme « thubût » pour signifier simplement qu’un hadith figure dans son ouvrage, non qu’il soit authentique du Prophète.
والقسمُ الثاني: متعلِّمٌ على سبيل نجاة؛ أي: قاصدًا بعلمه النجاة، وهو المخلصُ في تعلُّمه، المتعلِّمُ ما ينفعُه، العاملُ بما عَلِمَه، فلا يكون المتعلِّمُ على سبيل نجاةٍ إلا بهذه الأمور الثلاثة؛ فإنه إن تعلَّمَ ما يضرُّه ولا ينفعُه لم يكن على سبيل نجاة، وإن تعلَّم ما ينتفعُ به لا للنجاة فكذلك، وإن تعلَّمه ولم يعمل به لم يحصُل له النجاة، ولهذا وصَفَه بكونه على السبيل، أي: على الطريق التي تنجيه. وليس حرفُ «على» وما عَمِلَ فيه متعلِّقًا بـ «متعلِّم» إلا على وجه التضمين، أي: مفتِّش متطلِّع على سبيل نجاته ليسلكه؛ فتعلُّمه تفتيشٌ على سبيل نجاته. فهذا في الدرجة الثانية، وليس ممَّن تعلَّمه ليماري به السُّفهاء، أو يجاري به العلماء، أو يصرفَ وجوهَ الناس إليه، فإنَّ هذا من أهل النار، كما جاء في الحديث (١)، وثبَّته أبو نعيم وأبو عمرو بن الصلاح وغيرهما. قال ابنُ الصلاح: وثبَّت أبو نعيم ــ أيضًا ــ قولَه ﷺ: «من تعلَّمَ علمًا مما يبتغى به وجهُ الله، لا يتعلَّمُه إلا ليصيب به عرضًا من الدنيا، لم يَجِدْ رائحةَ الجنة» (٢).
(١) ورد من رواية جماعةٍ من الصحابة، ولا أعلمُ يصحُّ منها شيء، وقد صحَّح بعضها بعض أهل العلم. وقال العقيلي في «الضعفاء» (٢/ ١٣٠): «في هذا الباب أحاديثُ عن جماعةٍ من أصحاب النبيِّ ﷺ، ليِّنةُ الأسانيد، عن النبي ﷺ». وانظر: «الكامل» لابن عدي (١/ ٣٣٢، ٧/ ٢١٦). ورُوِي من كلام بعض السَّلف، وهو أشبه. (٢) أخرجه أحمد (٢/ ٣٣٨)، وأبو داود (٣٦٦٤)، وابن ماجه (٢٥٢)، وغيرهم من حديث أبي هريرة بإسنادٍ فيه ضعف. وصححه ابن حبان (٧٨)، والحاكم (١/ ٨٥) ولم يتعقبه الذهبي. ورُوِي مرسلًا من وجهٍ أصح. قال الدارقطني في «العلل» (١١/ ٩): «والمرسل أشبه بالصواب». وأعلَّه أبو زرعة بعلةٍ أخرى. انظر: «علل ابن أبي حاتم» (٢/ ٤٣٨). وقال العقيلي (٣/ ٤٦٦) بعد أن أخرجه: «الروايةُ في هذا الباب ليِّنة». وقد ذكر المعلِّمي في تعليقاته على «الفوائد المجموعة» (٣٣٠) أن أبا نُعيم قد يطلق الثبوت ويريد أن الحديث ثابتٌ في كتابه، لا أنه ثابتٌ عن النبي ﷺ.

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