Al-Wâḥidî (1) déclare : « Le terme rabbânî, d’après son analyse, est rapporté au Seigneur, dans le sens où l’on se spécialise dans la science révélée par le Seigneur, c’est-à-dire la connaissance de la sharîʿa et des attributs du Très-Haut — exalté soit-Il. »
Al-Mubarrad dit : « Le rabbânî est celui qui fait fructifier le savoir et élève les gens par ce savoir, autrement dit il leur enseigne et les réforme. »
Selon son explication, le terme rabbânî dérive du verbe rabba, yarubbu, rabban — « éduquer, élever » ; il est donc attribué à la tarbiya. Ainsi, il cultive sa propre science pour qu’elle parvienne à la plénitude en la surveillant et en la soignant, comme le propriétaire veille sur son capital, puis il forme les gens par ce savoir, à l’image des tuteurs qui élèvent les enfants.
Cela ne concerne pas la parole divine (2) : « Combien de prophètes ont combattu avec un grand nombre de ribbiyyûn ! » (Âl ʿImrân, 146). Ici, ribbiyyûn signifie « groupes », selon le consensus des exégètes (3) ; on dit qu’il vient de ribbah, avec un kasra sur le rā’, qui signifie « groupe ».
Al-Jawharî précise : « Le mot ribbî est le singulier de ribbiyyûn ; il désigne des milliers de personnes. » Allah — exalté soit-Il — dit encore : « Combien de prophètes ont combattu avec un grand nombre de ribbiyyûn, sans faiblir face aux épreuves… » (4).
Un savant ne peut donc être qualifié de rabbânî que s’il met son savoir en pratique et le transmet à autrui.
Telle est la première catégorie.