Quant à sa parole : « Les gens se divisent en trois catégories : un savant rabbânî, un apprenant engagé sur la voie du salut, et une populace aveugle », il s’agit là d’une classification exhaustive de l’humanité (1) et elle correspond à la réalité. En effet, le serviteur se trouve soit avoir parachevé sa perfection dans la science et la pratique, soit non. Dans le premier cas, il s’agit du savant rabbânî ; dans le second, l’on regarde si son âme est animée du désir de cette perfection et s’efforce de l’atteindre, ou pas. S’il la recherche activement, il est l’apprenant en quête de salut ; sinon, il appartient à la populace ignorante. Le premier est donc l’arrivé, le second le chercheur, et le troisième le privé.
A propos du savant rabbânî, Ibn ‘Abbâs — qu’Allah l’agrée — a dit : « C’est l’enseignant » (2), tirant cela de l’idée de tarbiya, c’est-à-dire qu’il élève les gens par la science (3) et les forme à son moyen comme un père élève son enfant.
Sa‘îd ibn Jubayr a déclaré : « C’est le juriste, érudit et sage » (4).
Sîbawayh a précisé : « On a ajouté un alif et un nûn au terme rabbânî lorsqu’on a voulu le spécialiser dans la science du Seigneur — exalté soit-Il —, de même qu’on dit sha‘rânî et liḥyânî » (5).
Le sens de la remarque de Sîbawayh — qu’Allah lui fasse miséricorde — est que ce savant, parce qu’il est rattaché à la science divine que le Seigneur a révélée par l’intermédiaire de Son Messager et qu’il en a fait son domaine particulier, est affilié à Lui d’une manière qui ne concerne pas ceux qui ne possèdent qu’un quelconque savoir.