de ce qui est transmis à son cœur consiste en la rapidité, l’abondance et la fermeté avec lesquelles il le retient.
Le terme « réceptacle » (wiʿāʾ) appartient à la même racine que waʿy (assimilation), car il désigne l’ustensile qui reçoit ce qu’on y dépose : couvercle, lit, tapis, etc. C’est pourquoi l’on qualifie de réceptacle aussi bien le cœur que l’oreille, conformément à cette parole du Très-Haut : « Quand l’eau déborda, Nous vous avons portés dans l’Arche (11) afin d’en faire pour vous un rappel, pour qu’une oreille attentive l’entende » (Al-Ḥaqqa 11-12). Qatāda a commenté : « Une oreille qui a entendu et compris de la part d’Allah ce qu’elle a entendu » (1). Al-Farrā a dit : « Afin que toute oreille la retienne et qu’elle serve d’exhortation à ceux qui viendront après » (2).
Ainsi, l’“assimilation” convient à l’oreille tout autant qu’au cœur ; on dit en effet : « un cœur attentif » et « une oreille attentive ». C’est que l’oreille et le cœur sont étroitement liés : la science entre par l’oreille pour parvenir au cœur, dont elle est la porte et le messager, tout comme la langue est le messager qui la relaie (3).
Quiconque a compris le lien des membres avec le cœur sait que l’oreille est celle qui mérite le plus d’être qualifiée d’attentive ; car, lorsqu’elle retient, le cœur retient à son tour (4).
Il en est fait allusion dans le hadith de Jābir concernant la parabole que les anges établirent pour le Prophète ﷺ et pour sa communauté, où l’ange lui dit : « Écoute : que ton oreille entende ; comprends : que ton cœur comprenne » (5).