Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Puis il dit : « Certains Anciens ont même refusé de compter parmi les hommes celui qui ne fait pas partie des gens de science.

Quant à la troisième catégorie, il s’agit de ceux qui se négligent eux-mêmes, se satisfont d’un rang vil et d’un état méprisable, relégués dans les bas-fonds les plus profonds, dans la déchéance ultime ; il n’existe, dans l’ignorance, degré plus bas que le leur, ni, dans la chute, abîme plus profond.

Quelle belle comparaison que de les assimiler à un troupeau d’animaux sans valeur ! C’est ainsi qu’on dépeint les plus vils et les plus méprisés des hommes.

Le terme raʿâʿ (populace) désigne ce qui est dispersé et épars, et le nâʿiq est celui qui pousse des cris ; dans le présent passage, il s’agit du berger. On dit : naʿaqa al-râʿî bi-l-ghanam, « le berger a crié après les moutons », c’est-à-dire qu’il les a interpellés. De là la parole du Très-Haut : « Le cas des mécréants est comparable à celui qui crie vers quelque chose qui n’entend que voix et appels : sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent pas. » (Al-Baqarah, 171) (1).

Nous signalerons seulement quelques-unes des leçons que renferme ce hadith :

• Sa parole ﷺ : « Les cœurs sont des réceptacles » : le cœur est comparé à un contenant, un vase ou une vallée, parce qu’il recueille aussi bien le bien que le mal.

• Dans un autre récit : « Allah possède, sur Sa terre, des vases : ce sont les cœurs ; les meilleurs d’entre eux sont les plus délicats, les plus fermes et les plus purs. » (2)

(1) «Al-Faqih wa-l-Mutafaqqih», vol. 1, p. 186. (2) Rapporté par al-Tabarani dans «Musnad al-Shamiyyin» (2/19), d’après Abu ‘Anbah al-Khawlani, sous forme marfu‘, avec une chaîne jugée bonne, comme l’indique al-‘Iraqi dans «al-Mughni ‘an haml al-asfar» (1/474). Voir aussi : «al-Silsila al-sahiha», n° 1691. On relève un désaccord concernant la ṣuḥba (statut de compagnon) de Abu ‘Anbah, auquel il sera fait allusion plus loin. Ce ḥadith a également été transmis par d’autres voies, tantôt marfu‘, tantôt mawqūf.
ثمَّ قال: «وقد نفى بعض المتقدِّمين عن الناس من لم يكن من أهل العلم. وأمَّا القسمُ الثالث: فهم المُهْمِلون لأنفسهم، الراضُونَ بالمنزلة الدنيَّة والحال الخسيسة، التي هي في الحضيض الأَوْهَدِ والهبوط الأسفل، التي لا منزلة بعدها في الجهل ولا دونها في السقوط. وما أحسن ما شبَّههم بالهَمَج الرَّعاع! وبه يُشَبَّه دُناةُ الناس وأراذلهم. والرَّعاع: المُتَبدِّدُ المتفرِّق، والنَّاعق: الصَّائح، وهو في هذا الموضع الراعي، يقال: نَعَقَ الراعي بالغنم يَنْعِق، إذا صاحَ بها، ومنه قولُه تعالى: ﴿وَمَثَلُ الَّذِينَ كَفَرُوا كَمَثَلِ الَّذِي يَنْعِقُ بِمَا لَا يَسْمَعُ إِلَّا دُعَاءً وَنِدَاءً صُمٌّ بُكْمٌ عُمْيٌ فَهُمْ لَا يَعْقِلُونَ﴾ [البقرة: ١٧١]» (١). ونحن نشيرُ إلى بعض ما في هذا الحديث من الفوائد: * فقولُه ﵁: «القلوبُ أوعية»؛ القلبُ يُشَبَّهُ بالوعاء والإناء والوادي؛ لأنه وعاءٌ للخير والشرِّ. وفي بعض الآثار: «إنَّ لله في أرضه آنية، وهي القلوب، فخيرُها أرقُّها وأصلبُها وأصفاها» (٢).
(١) «الفقيه والمتفقه» (١/ ١٨٦). (٢) أخرجه الطبراني في «مسند الشاميين» (٢/ ١٩) من حديث أبي عنبة الخولاني مرفوعًا بإسنادٍ جيد، كما قال العراقي في «المغني عن حمل الأسفار» (١/ ٤٧٤). وانظر: «السلسلة الصحيحة» (١٦٩١). وفي صُحبة أبي عنبة خلافٌ ستأتي الإشارةُ إليه. وروي الحديث من وجوهٍ أخرى مرفوعًا وموقوفًا.

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