et c’est ainsi qu’ils ont interprété la Parole du Très-Haut : « Pourquoi les rabbânîyûn (les maîtres nourris de la science divine) et les docteurs ne les en empêchent-ils pas ? » (Al-Mâ’ida, 63), ainsi que Sa parole : « Soyez des rabbânîyûn » (Âl ‘Imrân, 79).
Sa‘îd b. Jubayr (1) a dit : « Des sages, des juristes. »
Abû Razîn (2) a déclaré : « Des jurisconsultes, des savants » (3).
Abû ‘Umar al-Zâhid raconte : « J’ai interrogé Tha‘lab à propos de ce terme — rabbânî — et il m’a répondu : “J’ai questionné Ibn al-A‘râbî, lequel a dit : Quand un homme est à la fois savant, pratiquant et enseignant, on le qualifie de rabbânî ; mais s’il vient à manquer (4) l’une de ces qualités, on ne l’appelle plus rabbânî.” »
Ibn al-Anbârî rapporte, d’après les grammairiens : « Le mot rabbânîyûn est dérivé de Rabb (le Seigneur) ; l’ajout du suffixe ‑ânî — la lettre alif suivie du nûn — sert à intensifier l’idée d’appartenance, tout comme on dit liḥyânî ou jummânî pour quelqu’un qui possède une barbe ou une chevelure particulièrement imposante » (5).
Quant à l’étudiant engagé sur la voie du salut, c’est celui qui, par sa quête de savoir, recherche à se prémunir de la négligence menant à l’abandon des obligations qui lui incombent ; il s’élève au-dessus de l’insouciance qui consisterait à les délaisser ou les rejeter et répugne à s’avilir jusqu’à ressembler aux bêtes (6).