celui-ci non plus : tantôt un homme avide de plaisirs, docile au joug des passions ; tantôt un autre obsédé par l’amassement et la thésaurisation des biens. Aucun d’eux ne compte parmi les hérauts de la religion ; les bêtes qui paissent en liberté leur ressemblent davantage.
Ainsi (1) la science disparaît avec la mort de ceux qui la portent. Ô mon Dieu, certes ! Jamais la terre ne sera privée d’un homme qui se lève pour Dieu, brandissant Sa preuve, afin que les arguments et les signes d’Allah ne s’éteignent pas. Ceux-là sont peu nombreux, mais ils occupent auprès d’Allah le rang le plus élevé ; par eux, Dieu préserve Ses preuves jusqu’à ce qu’ils les transmettent à leurs pairs et les fassent germer dans le cœur de leurs semblables. La science les a conduits d’emblée à la réalité profonde ; ils tiennent pour aisé ce que les gens repus trouvent ardu, et se sentent familiers avec ce qui effraie les ignorants. Ils habitent ce monde avec des corps dont les âmes (2) demeurent suspendues à l’Assemblée suprême. Ceux-là sont les lieutenants d’Allah sur Sa terre (3) et les messagers de Son culte. Ah ! ah ! que je brûle du désir de les voir ! Je demande pardon à Allah pour moi et pour toi. Si tu le veux, lève-toi. »
Abû Nuʿaym l’a rapporté dans al-Ḥilya ⦗4⦘, ainsi que d’autres auteurs.
(1) (Q) : « lidhâlika » (pour cela).
(2) (Q) : « bi-abdânihim wa-arwâhihim » (par leurs corps et leurs âmes).
(3) (H) : « wa-umanâ’uhu ‘alâ ‘ibâdihi » (et Ses dépositaires auprès de Ses serviteurs).
(4) Rapporté par Ibn Abî Shayba (1/79), puis al-Khatib dans al-Faqîh wa-l-Mutafaqqih (1/182), al-Râfi‘î dans al-Tadwîn (3/208), Abû Bakr al-Abharî dans al-Fawâ’id (n° 16), al-Shajarî dans al-Amâlî (1/66), al-Mu‘affâ dans al-Jalîs wa-l-Anîs (4/135), al-Sallafî dans al-Tuyûriyyât (p. 535), Ibn ‘Asâkir dans Târîkh Dimashq (14/17 ; 50/252), al-Mizzî dans Tahdhîb al-Kamâl (24/220) et al-Dhahabî dans Tadhkirat al-Huffâz (1/11), avec une chaîne jugée faible ; al-Dhahabî précise : « son isnâd est lâche ».
• Autre voie : al-Khatib, Târîkh Baghdâd (6/379) – relayé par Ibn ‘Asâkir (50/251) – et Ibn ‘Abd Rabbih, al-‘Iqd (2/212), avec une chaîne très faible ; Ibn ‘Asâkir la qualifie de « voie étrange ».
• Troisième voie : al-Mu‘affâ, al-Jalîs wa-l-Anîs (3/331), repris par Ibn ‘Asâkir (50/254) ; chaîne obscure.
• Quatrième voie : Abû Hilâl al-‘Askarî, Dîwân al-Ma‘ânî (1/328) ; chaîne tout aussi obscure.
• Cinquième voie : al-Dînawarî, al-Mujâlasa (n° 1824) ; chaîne interrompue et probablement composite, d’autant que l’auteur est accusé de mensonge.
Ce ḥadith est également cité dans les ouvrages et majâlis chiites par d’autres voies tout aussi obscures.
Ibn ‘Abd al-Barr déclare néanmoins, dans Jâmi‘ Bayân al-‘Ilm (2/984) – propos entérinés par Ibn al-Qayyim dans I‘lâm al-Muwaqqi‘în (2/195) – : « Il s’agit d’un ḥadith célèbre parmi les savants, dont la renommée dispense de mentionner la chaîne de transmission. »