Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ou que l’amoureux, ou encore que le méditatif : il arrive qu’en pareil état ils ne ressentent plus la douleur de leurs plaies ; mais, lorsqu’ils retrouvent leurs esprits et reviennent à la mesure, ils prennent alors conscience de leurs blessures.

Il en va de même pour le serviteur : lorsque la mort aura déchargé de ses épaules les fardeaux et les soucis d’ici-bas, il percevra sa propre ruine et sa perte.

Jusques à quand donc ne te réveilleras-tu pas, alors que l’échéance est proche ?
Jusques à quand l’ivresse ne se dissipera-t-elle pas de ton cœur ?
Oui, tu te réveilleras quand le voile sera levé ;
Tu te souviendras alors de mes paroles, mais le rappel ne te sera plus d’aucun secours. (1)

Lorsque le voile sera levé, que le caché deviendra manifeste, que les secrets les plus intimes seront mis à nu, que les consciences apparaîtront, que ce qui est dans les tombes sera bouleversé et que ce qui est dans les poitrines sera mis en évidence, l’ignorance deviendra alors une obscurité pour les ignorants, tandis que la science se changera en remords pour les paresseux.

Cent-vingt-quatrième aspect : Abû al-Dardâ a dit : « Celui qui pense que partir de bon matin pour rechercher la science n’est pas un jihâd (combat dans la voie d’Allah) manque de jugement et de raison. » (2)
Cette parole est confirmée par celle de Mu‘âdh citée plus haut.

Cent-vingt-cinquième aspect : Abû al-Dardâ a encore déclaré : « Apprendre une seule question m’est plus cher que de veiller la nuit entière en prière. » (3)

Cent-vingt-sixième aspect : Il dit encore : « Le savant et l’étudiant… »

(1) Ces deux vers figurent dans al-Mudhish, p. 354, et dans Sharh al-Nahj, 18/70, sans mention d’auteur. (2) Leur attribution a déjà été discutée p. 193 ; le propos de Muadh a été cité peu avant. (3) Rapporté par al-Khatib dans al-Faqih wa-l-Mutafaqqih, t. 1, p. 102-103, avec deux chaînes de transmission interrompues et un contenu similaire.
والمفكِّر، قد يَبْطُلُ إحساسُهم بألم الجِراحات في تلك الحال، فإذا صَحَوا وعادوا إلى حال الاعتدال أدركوا آلامَها. هكذا العبدُ إذا حَطَّ عنه الموتُ أحمالَ الدنيا وشواغلَها أحسَّ بهلاكه وخسرانه. فحَتَّامَ لا تصحو وقد قَرُبَ المَدى ... وحَتَّامَ لا يَنجابُ عن قلبك السُّكْرُ بلى سوف تصحو حين ينكشِفُ الغِطَا ... وتَذْكُرُ قولي حين لا ينفعُ الذِّكْرُ (١) فإذا كُشِفَ الغِطَاء، وبَرِحَ الخفاء، وبُلِيَت السرائر، وبَدَت الضمائر، وبُعْثِرَ ما في القبور، وحُصِّل ما في الصدور؛ فحينئذٍ يكونُ الجهلُ ظلمةً على الجاهلين، والعلمُ حسرةً على البطَّالين. الوجه الرابع والعشرون بعد المئة: قال أبو الدرداء: «من رأى أنَّ الغُدُوَّ إلى العلم ليس بجهادٍ فقد نقصَ في رأيه وعقله» (٢). وشاهدُ هذا قولُ معاذ، وقد تقدَّم. الوجه الخامس والعشرون بعد المئة: قولُ أبي الدرداء ــ أيضًا ــ: «لأَنْ أتعلَّم مسألةً أحبُّ إليَّ من قيام ليلة» (٣). الوجه السادس والعشرون بعد المئة: قولُه أيضًا: «العالمُ والمتعلِّمُ
(١) البيتان في «المدهش» (٣٥٤)، و «شرح النهج» (١٨/ ٧٠) دون نسبة. (٢) تقدم تخريجه (ص: ١٩٣). وأثر معاذ تقدم قريبًا. (٣) أخرجه الخطيب في «الفقيه والمتفقه» (١/ ١٠٢، ١٠٣) بنحوه من وجهين فيهما انقطاع.

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