Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Cent-vingt-et-unième aspect : Ibn al-Mubârak fut interrogé : « Qui sont les gens ? » — « Les savants », répondit-il. — « Et qui sont les rois ? » — « Les ascètes. » — « Et qui est la canaille (1) ? » — « Celui qui tire profit de sa religion (2). »

Cent-vingt-deuxième aspect : Celui qui a accédé à la science ne souffre d’aucune perte après l’avoir obtenue, car elle constitue la meilleure part et le plus précieux des dons. A contrario, celui qui est privé de la science ne tirera aucun bénéfice des avantages qu’il aura pu réunir ; ils deviendront pour lui un fardeau et la cause de sa perdition.

À ce propos, l’un des pieux anciens a dit : « Qu’a donc gagné celui qui est passé à côté de la science ? Et qu’a donc manqué celui qui l’a acquise ? » (3)

Cent-vingt-troisième aspect : L’un des connaissants (4) déclara : « Le malade que l’on prive de nourriture, de boisson et de remède ne meurt-il pas ? — Assurément, répondirent-ils. — Il en va de même du cœur : privé trois jours de science et de sagesse, il meurt. »

Il disait vrai ; la science est en effet la nourriture, la boisson et le remède du cœur, et sa vie en dépend. Lorsque le cœur en est privé, il meurt sans même en avoir conscience, de la même façon que l’ivrogne dont la raison s’est éteinte, que l’effrayé dont la peur a atteint son paroxysme, ou que l’amoureux

(1) Il s’agit des individus les plus vils ; voir Lisân al-Arab, entrée s-f-l. (2) Ḥadith rapporté par al-Bayhaqi, Shuʿab al-îmân, 12/267 ; Abû Nuʿaym, Ḥilyat al-awlîyâʾ, 8/168 ; al-Khaṭîb al-Baghdâdî, Târîkh Baghdâd, 7/192, entre autres. (3) Ce propos est attribué à ʿAlî dans Sharḥ Nahj al-balâgha, 20/289 ; à Aristote dans Irshâd al-arîb, 22 ; et à Buzurjmehr dans al-Maḥâsin wa-l-masâwîʾ, 3. (4) Il s’agit de Feth b. Saʿîd al-Mawṣilî, comme l’indique l’Iḥyâʾ, 1/8. Le commentaire qui suit immédiatement ici est de la plume d’al-Ghazâlî.
الوجهُ الحادي والعشرون بعد المئة: قولُ ابن المبارك، وقد سئل: مَن الناس؟ قال: العلماء، قيل: فمَن الملوك؟ قال: الزُّهَّاد، قيل: فمَن السِّفْلة (١)؟ قال: الذي يأكلُ بدينه (٢). الوجه الثاني والعشرون بعد المئة: أنَّ من أدرك العلمَ لم يضرَّه ما فاته بعد إدراكه؛ إذ هو أفضلُ الحظوظ والعطايا، ومن فاته العلمُ لم ينفعه ما حصل له من الحظوظ، بل يكونُ وبالًا عليه وسببًا لهلاكه. وفي هذا قال بعض السلف: «أيَّ شيءٍ أدركَ من فاته العلمُ؟! وأيَّ شيءٍ فات من أدركَ العلمَ؟!» (٣). الوجه الثالث والعشرون بعد المئة: قال بعضُ العارفين (٤): «أليس المريضُ إذا مُنِعَ الطعامَ والشرابَ والدواء يموت؟ قالوا: بلى، قال: فكذلك القلبُ إذا مُنِعَ عنه العلمُ والحكمةُ ثلاثة أيام يموت». وصَدَق؛ فإنَّ العلمَ طعامُ القلب وشرابُه ودواؤه، وحياتُه موقوفةٌ على ذلك، فإذا فقد القلبُ العلمَ فهو ميت، ولكن لا يشعُر بموته، كما أنَّ السَّكران الذي قد زال عقلُه، والخائفَ الذي قد انتهى خوفُه إلى غايته، والمُحِبَّ
(١) وهم أراذلُ الناس. «اللسان» (سفل). (٢) أخرجه البيهقي في «الشعب» (١٢/ ٢٦٧)، وأبو نعيم في «الحلية» (٨/ ١٦٨)، والخطيب في «تاريخ بغداد» (٧/ ١٩٢)، وغيرهم. (٣) نُسِبَ لعليٍّ ﵁ في «شرح النهج» (٢٠/ ٢٨٩)، ولأرسطاطاليس في «إرشاد الأريب» (٢٢)، ولبزرجمهر في «المحاسن والمساواء» (٣). (٤) هو فتح بن سعيد الموصلي، كما في «الإحياء» (١/ ٨). والتعليق الذي يلي قوله هنا للغزالي.

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