Cent-vingt-et-unième aspect : Ibn al-Mubârak fut interrogé : « Qui sont les gens ? » — « Les savants », répondit-il. — « Et qui sont les rois ? » — « Les ascètes. » — « Et qui est la canaille (1) ? » — « Celui qui tire profit de sa religion (2). »
Cent-vingt-deuxième aspect : Celui qui a accédé à la science ne souffre d’aucune perte après l’avoir obtenue, car elle constitue la meilleure part et le plus précieux des dons. A contrario, celui qui est privé de la science ne tirera aucun bénéfice des avantages qu’il aura pu réunir ; ils deviendront pour lui un fardeau et la cause de sa perdition.
À ce propos, l’un des pieux anciens a dit : « Qu’a donc gagné celui qui est passé à côté de la science ? Et qu’a donc manqué celui qui l’a acquise ? » (3)
Cent-vingt-troisième aspect : L’un des connaissants (4) déclara : « Le malade que l’on prive de nourriture, de boisson et de remède ne meurt-il pas ? — Assurément, répondirent-ils. — Il en va de même du cœur : privé trois jours de science et de sagesse, il meurt. »
Il disait vrai ; la science est en effet la nourriture, la boisson et le remède du cœur, et sa vie en dépend. Lorsque le cœur en est privé, il meurt sans même en avoir conscience, de la même façon que l’ivrogne dont la raison s’est éteinte, que l’effrayé dont la peur a atteint son paroxysme, ou que l’amoureux