On en a transmis une version remontant au Prophète dans le hadith d’ʿÂʾisha (1), mais l’authenticité de cette élévation mérite examen.
Cette parole tranche définitivement la question : lorsque la science et la pratique relèvent toutes deux de l’obligation, on ne peut s’en dispenser, tout comme pour le jeûne et la prière. Mais si toutes deux deviennent surérogatoires — il s’agit alors de leurs nâfila respectives —, la supériorité de la science et de sa nâfila l’emporte sur celle de l’adoration et de sa nâfila. En effet, la science répand son bénéfice sur celui qui la possède et sur autrui, tandis que l’adoration ne profite qu’à son auteur ; la science continue de fructifier après la mort de l’homme, alors que l’adoration cesse à son décès ; sans compter les raisons déjà exposées.
Cent-dixième aspect : al-Khatîb, Abû Nuʿaym et d’autres rapportent de Muʿâdh ibn Jabal (que Dieu l’agrée) qu’il a dit : « Apprenez la science ; l’apprendre pour Allah est crainte (2), la rechercher est adoration, l’étudier en commun est glorification, la discuter est jihâd, l’enseigner à qui l’ignore est aumône, la transmettre à ceux qui y ont droit est un acte de rapprochement. C’est par elle que l’on connaît Allah et qu’on L’adore, c’est par elle qu’on affirme Son unicité, c’est par elle que l’on reconnaît le licite… »