Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

mène à la perte dans l’au-delà, car n’a jamais goûté à la saveur de la foi celui qui n’aime et ne hait qu’en vue d’Allah. La raison, la vraie, est donc celle qui conduit à l’agrément d’Allah et de Son Messager. Et c’est Allah qui accorde la réussite et l’assistance.

Dans un hadith remontant au Prophète, cité par Ibn ʿAbd al-Barr et d’autres, il est dit : « Allah révéla à l’un des prophètes des Enfants d’Israël : “Dis à untel, l’adorateur : Quant à ton ascèse dans ce bas-monde, elle t’a déjà procuré le repos ; quant à ton exclusif retour vers Moi, il t’a donné la noblesse. Mais qu’as-tu fait pour t’acquitter de ce que J’ai sur toi ?” Il répondit : “Qu’as-Tu sur moi ?” Il fut dit : “As-tu, pour Moi, pris un allié comme allié, ou pour Moi, traité un ennemi en ennemi ?” » (1).

Il est encore rapporté qu’Allah révéla à Gabriel : « Enfonce la terre sous tel village. » Gabriel dit : « Seigneur, il s’y trouve untel, l’adorateur. » — « Commence par lui, reprit-Il, jamais son visage ne s’est contracté pour Moi, pas une seule fois. » (2).

(1) Ce hadith est rapporté par Ibn ʿAbd al-Barr dans al-Tamhîd (17/432), al-Khatîb dans Târîkh Baghdâd (3/202), Abû Nuʿaym dans Ḥilyat al-awliyâʾ (10/316), le qâḍî ʿIyâḍ dans al-Ghunya (p. 208), et d’autres, d’après Ibn Masʿûd, avec une chaîne très faible présentant plusieurs déficiences : – Premièrement : il passe par Ḥumayd al-Aʿraj, narrateur jugé faible ; ses récits qu’il transmet dʿAbd Allâh b. al-Ḥârith, surtout ceux qu’il attribue à Ibn Masʿûd, sont jugés réprouvés, comme l’ont signalé l’imâm Aḥmad et d’autres (cf. al-Muntakhab min al-ʿIlal d’al-Khallâl, p. 165 ; Tahḏîb, 3/53). Ibn ʿAbd al-Barr a critiqué le hadith pour cette raison. – Deuxièmement : Muḥammad b. Muḥammad b. Abî al-Ward – sans attestation fiable – est seul à avoir élevé (marfûʿ : « attribué au Prophète ») ce récit ; la plupart le rapportent à l’arrêt (mawqûf) sur Ibn Masʿûd. L’observation est dʿAbd Allâh b. ʿAbd al-Raḥmân al-Azdî (cf. Târîkh Dimashq, 29/320) et citée par Ibn ʿAbd al-Barr. – Troisièmement : le propos est également transmis sous forme maqtûʿ (attribué à des tâbiʿûn) de al-Fuḍayl b. ʿIyâḍ et dʿAbd Allâh b. al-Mubârak ; voir al-Dînawarî, al-Mudjâlasa (nos 962, 3044). Cette version semble la plus plausible. (2) Rapporté par al-Ṭabarânî dans al-Muʿjam al-Awsat (no 7661) et par al-Bayhaqî dans Shuʿab al-îmân (13/274) d’après Ibn Masʿûd, sous forme marfûʿ, avec une chaîne faible ; al-Bayhaqî l’a d’ailleurs déclaré faible. Voir également Majmaʿ al-zawâʾid (7/270). Al-Bayhaqî (13/274) l’a aussi transmis comme simple parole de Mâlik b. Dînâr, en précisant que cette version mawqûf est la mieux attestée. Le propos apparaît encore, par d’autres voies, chez certains anciens : cf. Ibn Abî al-Dunyâ, al-ʿUqûbât (p. 14, 16) et ʿAbd al-Ghanî al-Maqdisî, al-Amr bi-l-maʿrûf wa-n-nahy ʿan al-munkar (p. 42).
الهُلْكُ في الآجلة، فإنه ما ذاق طعمَ الإيمان من لم يوالِ في الله ويعادِ فيه؛ فالعقلُ كلُّ العقل ما أوصلَ إلى رضا الله ورسوله. والله الموفِّقُ المعِين. وفي حديثٍ مرفوعٍ ذكره ابن عبد البرِّ وغيرُه: «أوحى الله إلى نبيٍّ من أنبياء بني إسرائيل: قل لفلانٍ العابد: أمَّا زهدُك في الدنيا فقد تعجَّلتَ به الراحة، وأمَّا انقطاعُك إليَّ فقد اكتسبتَ به العزَّ، فما عملتَ فيما لي عليك؟ قال: وما لك علي؟ قال: هل واليتَ فيَّ وليًّا أو عاديتَ فيَّ عدوًّا؟» (١). وذُكِر أيضًا: «أنه أوحى الله إلى جبريل: أن اخسِف بقرية كذا وكذا، قال: يا ربِّ إنَّ فيهم فلانًا العابد. قال: به فابدأ، إنه لم يتمعَّر وجهُه فيَّ يومًا قطُّ» (٢).
(١) أخرجه ابن عبد البر في «التمهيد» (١٧/ ٤٣٢)، والخطيب في «تاريخ بغداد» (٣/ ٢٠٢)، وأبو نعيم في «الحلية» (١٠/ ٣١٦)، والقاضي عياض في «الغنية» (٢٠٨)، وغيرهم من حديث ابن مسعود بإسنادٍ ضعيفٍ جدًّا؛ فيه علل: الأولى: أنه من رواية حُميد الأعرج، وهو ضعيف، وأحاديثُه عن عبد الله بن الحارث عن ابن مسعود خاصَّةً منكرة، كما قال الإمام أحمد وجماعة (انظر: «المنتخب من العلل للخلال»: ١٦٥، و «التهذيب»: ٣/ ٥٣)، وهذا الحديث منها. وقد أعلَّ الحديث بهذه العلة ابنُ عبد البر. الثانية: أن محمد بن محمد بن أبي الورد (ولم يَرِد فيه توثيقٌ معتبر) انفرد برفع الحديث، والناس يوقفونه على ابن مسعود. قاله عبد الله بن عبد الرحمن الأزدي (له ترجمة في «تاريخ دمشق»: ٢٩/ ٣٢٠). رواه عنه ابن عبد البر. الثالثة: أن الخبر قد رُوِيَ مقطوعًا من قول الفضيل بن عياض، وعبد الله بن المبارك. أخرجه الدينوري في «المجالسة» (٩٦٢، ٣٠٤٤). وهو أشبه. (٢) أخرجه الطبراني في «الأوسط» (٧٦٦١)، والبيهقي في «الشعب» (١٣/ ٢٧٤) من حديث ابن مسعودٍ مرفوعًا بإسنادٍ ضعيف. وضعَّفه البيهقي. وانظر: «مجمع الزوائد» (٧/ ٢٧٠). وأخرجه البيهقي (١٣/ ٢٧٤) من قول مالك بن دينار، وقال: «هذا هو المحفوظ من قول مالك بن دينار». وروي من أوجه أخرى عن بعض السلف. انظر: «العقوبات» لابن أبي الدنيا (١٤، ١٦)، و «الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر» لعبد الغني المقدسي (٤٢).

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