Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et le miroir grâce auquel on reconnaît le beau du laid.

On a dit : « La raison est un roi ; le corps est son domaine, et ses sens, ses actes (1) et tous ses mouvements sont ses sujets. Lorsque le roi faiblit dans la gestion et la protection de ceux-ci, le désordre les atteint tous » (2).

De là cette parole : « Si la raison n’emporte pas chez quelqu’un la majorité des qualités de bien, sa perte viendra de la prédominance en lui des qualités de mal » (3).

On rapporte encore que, lorsque Adam descendit du Paradis, Gabriel se présenta à lui et lui dit : « Allah t’a apporté la raison, la religion et la pudeur afin que tu choisisses l’une d’elles. » Adam répondit : « Je choisis la raison. » La religion et la pudeur dirent alors : « Il nous a été ordonné de ne jamais nous séparer de la raison où qu’elle se trouve. » Elles se rallièrent donc à elle (4)(5).

La raison est de deux sortes :
– une raison innée (6), père du savoir ; elle le fait naître, l’élève et le fait fructifier.

(1) Omission dans le manuscrit Q. (2) Propos attribué à ʿAlî b. ʿUbayda ar-Riyâhî (m. 219 H). Voir : al-Basâʾir wa-d-Dhakhâʾir, 1/28 ; Nathr ad-Dur, 4/56 ; Sharḥ an-Nahj, 20/42. (3) Attribué à un Arabe anonyme dans al-Jalîs wa-l-Anîs, 4/182, al-Maṣûn, p. 141, et d’autres sources ; à Ardashîr dans at-Tadhkira al-Ḥamdûniyya, 3/233, ainsi que dans Rabîʿ al-Abrâr, 3/141 ; enfin, à un auteur ancien dans al-Bayân wa-t-Tabyîn, 1/86. (4) Le manuscrit T porte : « ikhtartu al-ʿaql » (j’ai choisi l’intellect). (5) Rapporté par Ibn ad-Dunyâ dans al-ʿAql, nos 27-28, puis par Ibn ʿAsâkir dans Târîkh Dimašq, 7/444, d’après un homme de La Mecque ; également cité par Ibn Ḥibbân dans Rawḍat al-ʿUqalâʾ, no 20, avec une autre chaîne non authentique. (6) Les manuscrits D, H, Q et N lisent : « ʿaql gharîza » (intellect inné).
والمرآةُ التي يُعْرَفُ بها الحسنُ من القبيح. وقد قيل: «العقلُ مَلِك، والبدنُ روحُه، وحواسُّه وأفعاله (١) وحركاتُه كلُّها رعيَّةٌ له؛ فإذا ضَعُفَ عن القيام عليها وتعهُّدها وصلَ الخللُ إليها كلِّها» (٢). ولهذا قيل: «من لم يكن عقلُه أغلبَ خصال الخير عليه كان حَتْفُه في أغلب خصال الشرِّ عليه» (٣). ورُوِي أنه لمَّا هبطَ آدمُ من الجنة أتاه جبريل، فقال: إنَّ الله أحْضَرَكَ العقلَ والدِّين والحياء لتختارَ واحدًا منها؛ فقال: أخذتُ العقل (٤)، فقال الدِّينُ والحياء: أُمِرنا أن لا نفارق العقلَ حيثُ كان. فانحازا إليه (٥). والعقلُ عقلان: * عقلٌ غريزيٌّ (٦)؛ وهو أبُ العلم ومربِّيه ومُثْمِرُه.
(١) ليست في (ق). (٢) قاله علي بن عبيدة الريحاني (ت: ٢١٩). انظر: «البصائر والذخائر» (١/ ٢٨)، و «نثر الدر» (٤/ ٥٦)، و «شرح النهج» (٢٠/ ٤٢). (٣) نُسِبَ لبعض العرب في «الجليس والأنيس» (٤/ ١٨٢)، و «المصُون» (١٤١)، وغيرهما. ولأردشير في «التذكرة الحمدونية» (٣/ ٢٣٣)، و «ربيع الأبرار» (٣/ ١٤١). ولبعض الأولين في «البيان والتبيُّن» (١/ ٨٦). (٤) (ت): «اخترت العقل». (٥) أخرجه ابن الدنيا في «العقل» (٢٧، ٢٨)، ومن طريقه ابن عساكر في «تاريخ دمشق» (٧/ ٤٤٤) عن رجلٍ من أهل مكة. وأخرجه ابن حبان في «روضة العقلاء» (٢٠) من وجهٍ آخر لا يصح. (٦) (د، ح، ق، ن): «عقل غريزة».

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