alors que, si les interdits d’Allah sont violés, pas une veine ne tressaille en lui par jalousie pour Allah ; son entreprise manque donc de vigueur et sa pratique religieuse de clairvoyance.
Parmi les fruits de cet arbre : appeler les gens à la voie de Satan, les engager dans le sentier de l’égarement (1), suivre les passions, préférer les désirs aux actes d’obéissance, colporter rumeurs et propos futiles, poser quantité de questions oiseuses, dilapider les biens, enterrer vivantes les filles, se montrer ingrat envers les mères, rompre les liens de parenté, maltraiter le voisin et s’adonner à tout ce qui mène à la honte et au déshonneur.
En somme, la totalité du bien est un fruit cueilli sur l’arbre du savoir, tandis que l’ensemble du mal n’est qu’une épine récoltée sur l’arbre de l’ignorance. Si la figure du savoir apparaissait aux regards, sa beauté surpasserait celle du soleil et de la lune ; si celle de l’ignorance se manifestait, nul spectacle ne serait plus repoussant.
De fait, tout bien existant dans le monde provient des traces du savoir qu’ont apporté les Messagers et en est la conséquence, de même que tout bien qui surviendra jusqu’au Jour de la Résurrection et au-delà, lors du Jugement. Inversement, tout mal et toute corruption advenus ou à venir jusqu’à la Résurrection puis au-delà trouvent leur cause dans la contradiction, en théorie et en pratique, avec ce qu’ont transmis les Messagers.
Quand bien même le savoir n’aurait pour père, pour éducateur, pour guide et pour ministre que la raison – grâce à laquelle sont édifiées les deux demeures –, cette raison qui oriente vers l’obéissance aux Messagers, remet le cœur, les membres et l’âme entre leurs mains, se soumet à leur jugement, met son propre ego à l’écart et confie l’affaire à qui de droit, cela suffirait déjà à lui conférer honneur et noblesse.
Allah – exalté soit-Il – a loué la raison et ceux qui en sont dotés en de nombreux passages de Son Livre ; Il a blâmé ceux qui en sont dépourvus et a déclaré qu’ils sont les hôtes du Feu, eux qui n’entendent pas et ne raisonnent pas. La raison est en effet l’instrument de tout savoir et sa balance : c’est par elle que l’on distingue le sain du vicié, le plus solide du défaillant,