et qui n’entre pas dans le champ de ses moyens n’engage en rien sa responsabilité.
Un sage recommanda un jour : « Garde-toi de la paresse et de l’ennui ; la paresse ne se lève jamais pour une noble entreprise, et l’ennui, s’il s’y lève, n’y persévère pas. » ⦗1⦘
Or l’ennui naît de la paresse et de l’incapacité ; c’est pourquoi le hadith ne l’a pas mentionné par un terme distinct.
Puis il est question de la lâcheté et de l’avarice.
Le bien que l’on attend du serviteur peut s’exercer soit par ses biens, soit par sa personne : l’avare refuse l’utilité de sa richesse, le lâche refuse l’utilité de sa propre personne.
Il est courant de dire que l’avarice implique la lâcheté sans que l’inverse soit nécessaire : celui qui est avare de son argent l’est, a fortiori, de sa vie. De même, le courage implique la générosité sans que la réciproque soit obligatoire : celui qui donne sa vie est, a fortiori, plus enclin encore à donner de ses biens.
Pourtant, cette corrélation n’est pas inexorable, même si elle se vérifie souvent ; courage, générosité et leurs contraires sont des caractères innés qui peuvent coexister chez un même homme, lequel peut se voir doté de certaines d’entre eux à l’exclusion des autres. ⦗2⦘
Il arrive ainsi que l’on rencontre, parmi les gens entreprenants, vaillants et combatifs, certains des plus avares qui soient ; on le constate fréquemment chez les Turcs : l’un d’eux peut être plus courageux qu’un lion et plus avare qu’un chien. ⦗3⦘
Un homme peut donc se montrer prodigue de sa propre vie tout en rechignant à dépenser son argent, allant jusqu’à se battre pour celui-ci jusqu’à périr.