Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et qui n’entre pas dans le champ de ses moyens n’engage en rien sa responsabilité.

Un sage recommanda un jour : « Garde-toi de la paresse et de l’ennui ; la paresse ne se lève jamais pour une noble entreprise, et l’ennui, s’il s’y lève, n’y persévère pas. » ⦗1⦘

Or l’ennui naît de la paresse et de l’incapacité ; c’est pourquoi le hadith ne l’a pas mentionné par un terme distinct.

Puis il est question de la lâcheté et de l’avarice.

Le bien que l’on attend du serviteur peut s’exercer soit par ses biens, soit par sa personne : l’avare refuse l’utilité de sa richesse, le lâche refuse l’utilité de sa propre personne.

Il est courant de dire que l’avarice implique la lâcheté sans que l’inverse soit nécessaire : celui qui est avare de son argent l’est, a fortiori, de sa vie. De même, le courage implique la générosité sans que la réciproque soit obligatoire : celui qui donne sa vie est, a fortiori, plus enclin encore à donner de ses biens.

Pourtant, cette corrélation n’est pas inexorable, même si elle se vérifie souvent ; courage, générosité et leurs contraires sont des caractères innés qui peuvent coexister chez un même homme, lequel peut se voir doté de certaines d’entre eux à l’exclusion des autres. ⦗2⦘

Il arrive ainsi que l’on rencontre, parmi les gens entreprenants, vaillants et combatifs, certains des plus avares qui soient ; on le constate fréquemment chez les Turcs : l’un d’eux peut être plus courageux qu’un lion et plus avare qu’un chien. ⦗3⦘

Un homme peut donc se montrer prodigue de sa propre vie tout en rechignant à dépenser son argent, allant jusqu’à se battre pour celui-ci jusqu’à périr.

(1) Voir : al-Bayan wa al-Tabyin, vol. 2, p. 252 ; ainsi que Muhadarat al-Udabaʾ, vol. 1, p. 275. (2) Voir : al-Jalis wa al-Anis, vol. 2, p. 450. (3) Voir : Jamhurat al-Amthal, vol. 1, p. 247 et 538.
مَعْجُوزُه تحت القدرة لا يلامُ عليه. قال بعض الحكماء في وصيَّته: «إياك والكسلَ والضَّجر؛ فإنَّ الكسلَ لا ينهض لمَكْرُمَة، والضجرُ إذا نهض إليها لا يصبرُ عليها» (١). والضَّجرُ متولِّدٌ عن الكسل والعجز، فلم يُفْرِده في الحديث بلفظ. * ثمَّ ذكر الجُبْنَ والبخل. فإنَّ الإحسانَ المتوقَّعَ من العبد إمَّا بماله وإمَّا ببدنه، فالبخيلُ مانعٌ لنفع ماله، والجبانُ مانعٌ لنفع بدنه. والمشهورُ عند الناس أنَّ البخلَ يستلزم الجُبْنَ، من غير عكس؛ لأنَّ من بَخِلَ بماله فهو بنفسه أبخَل، والشجاعةُ تستلزمُ الكرم، من غير عكس؛ لأنَّ من جاد بنفسه فهو بماله أسمَحُ وأجوَد. وهذا الذي قالوه ليس بلازمٍ وإن كان أكثريًّا؛ فإنَّ الشجاعةَ والكرمَ وأضدادها أخلاقٌ وغرائزُ قد تجتمعُ في الرجل، وقد يعطى بعضَها دون بعض (٢). وقد شاهدَ الناسُ من أهل الإقدام والشجاعة والبأس من هو أبخلُ الناس، وهذا كثيرًا ما يوجدُ في أمَّة التُّرك؛ يكونُ أشجعَ من لَيْثٍ وأبخلَ من كلب (٣). فالرجلُ قد يسمحُ بنفسه ويَضِنُّ بماله، ولهذا يقاتِلُ عليه حتى يُقْتَل،
(١) انظر: «البيان والتبيُّن» (٢/ ٢٥٢)، و «محاضرات الأدباء» (١/ ٢٧٥). (٢) انظر: «الجليس والأنيس» (٢/ ٤٥٠). (٣) انظر: «جمهرة الأمثال» (١/ ٢٤٧، ٥٣٨).

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