Ainsi, il demanda protection contre huit choses (1), réparties en quatre paires :
• L’anxiété et la tristesse vont de pair. La différence entre elles est la suivante : l’affliction qui atteint le cœur concerne soit le passé, soit l’avenir ; dans le premier cas il s’agit de la tristesse, dans le second de l’anxiété. Si tu préfères : la tristesse porte sur un mal révolu qu’il n’est plus possible d’écarter, tandis que l’anxiété porte sur un mal redouté à venir que l’on espère encore repousser. Médite cela.
• L’incapacité et la paresse forment également une paire. En effet, si le serviteur se voit privé de ce qui lui est utile, de sa perfection, de son plaisir et de sa joie, c’est soit faute de capacité : c’est l’incapacité ; soit parce qu’il possède la capacité mais que la chose demeure en suspens en raison d’un manque de volonté : c’est la paresse. Dans ce cas, le paresseux est blâmable d’une manière qui ne s’applique pas à la véritable incapacité.
Il arrive même que l’incapacité soit le fruit de la paresse, et l’on en est alors blâmable ; bien souvent, en effet, l’homme se montre paresseux à l’égard d’une chose qu’il est pourtant capable d’accomplir, sa volonté s’affaiblit, et il aboutit à l’incapacité. C’est de cette incapacité que Dieu blâme, selon la parole du Prophète ﷺ : « En vérité, Dieu blâme l’incapacité » (2). Quant à l’impuissance pour laquelle l’être humain n’a jamais reçu la faculté de la repousser et qui n’entre