Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ainsi, il demanda protection contre huit choses (1), réparties en quatre paires :

• L’anxiété et la tristesse vont de pair. La différence entre elles est la suivante : l’affliction qui atteint le cœur concerne soit le passé, soit l’avenir ; dans le premier cas il s’agit de la tristesse, dans le second de l’anxiété. Si tu préfères : la tristesse porte sur un mal révolu qu’il n’est plus possible d’écarter, tandis que l’anxiété porte sur un mal redouté à venir que l’on espère encore repousser. Médite cela.

• L’incapacité et la paresse forment également une paire. En effet, si le serviteur se voit privé de ce qui lui est utile, de sa perfection, de son plaisir et de sa joie, c’est soit faute de capacité : c’est l’incapacité ; soit parce qu’il possède la capacité mais que la chose demeure en suspens en raison d’un manque de volonté : c’est la paresse. Dans ce cas, le paresseux est blâmable d’une manière qui ne s’applique pas à la véritable incapacité.

Il arrive même que l’incapacité soit le fruit de la paresse, et l’on en est alors blâmable ; bien souvent, en effet, l’homme se montre paresseux à l’égard d’une chose qu’il est pourtant capable d’accomplir, sa volonté s’affaiblit, et il aboutit à l’incapacité. C’est de cette incapacité que Dieu blâme, selon la parole du Prophète ﷺ : « En vérité, Dieu blâme l’incapacité » (2). Quant à l’impuissance pour laquelle l’être humain n’a jamais reçu la faculté de la repousser et qui n’entre

(1) Voir : Ibn al-Qayyim, Tariq al-Hijratayn, p. 606 ; id., Bada’iʿ al-Fawa’id, p. 714 ; id., Zad al-Maʿad, vol. 2, p. 358 ; id., Rawdat al-Muhibbin, p. 61. (2) Rapporté par Ahmad, 6/24 ; Abou Dawoud, no 3627 ; an-Nasaʾi, ʿAmal al-Yawm wa-l-Layla, no 626, et d’autres, d’après Saïf al-Shami, transmettant de ʿAwf ibn Mâlik. An-Nasaʾi déclara : « Je ne connais pas Saïf. » Al-ʿAjli l’a toutefois identifié dans al-Thiqat, 1/644, comme « un Tabiʿi syrien digne de confiance ». Ibn Ḥibbân l’a également mentionné dans al-Thiqat, 4/339, ainsi qu’Ibn Khallafoun dans son recueil des fiables, cité par al-Mizzi dans Ikmâl Tahdhîb al-Kamâl, 6/198.
فاستعاذ من ثمانية أشياء (١)، كلُّ شيئين منها قرينان: * فالهمُّ والحزنُ قرينان. والفرقُ بينهما: أنَّ المكروه الوارد على القلب إمَّا أن يكون على ما مضى أو لما يُسْتَقْبَل؛ فالأول هو الحزن، والثاني الهمُّ. وإن شئتَ قلتَ: الحزنُ على المكروه الذي فات ولا يُتَوقَّعُ دفعُه، والهمُّ على المكروه المنتَظَر الذي يُتَوقَّعُ دفعُه. فتأمَّلْه. * والعجزُ والكسلُ قرينان. فإنَّ تخلُّف مصلحة العبد وكماله ولذَّته وسروره عنه، إمَّا أن يكون مصدرُه عدمَ القدرة، فهو العجز، أو يكون قادرًا عليه لكن تخلَّف لعدم إرادته، فهو الكسل، وصاحبُه يلامُ عليه ما لا يلامُ على العجز. وقد يكونُ العجزُ ثمرةَ الكسل، فيلامُ عليه أيضًا؛ فكثيرًا ما يكسلُ المرءُ عن الشيء الذي هو قادرٌ عليه، وتَضْعُفُ عنه إرادتُه؛ فيفضي به إلى العجز عنه. وهذا هو العجزُ الذي يلومُ اللهُ عليه في قول النبيِّ ﷺ: «إنَّ الله يلومُ على العجز» (٢)، وإلا فالعجزُ الذي لم تُخْلَق له قدرةٌ على دفعه ولا يدخلُ
(١) انظر: «طريق الهجرتين» (٦٠٦)، و «بدائع الفوائد» (٧١٤)، و «زاد المعاد» (٢/ ٣٥٨)، و «روضة المحبين» (٦١). (٢) أخرجه أحمد (٦/ ٢٤)، وأبو داود (٣٦٢٧)، والنسائي في «عمل اليوم والليلة» (٦٢٦)، وغيرهم من حديث سيف الشامي عن عوف بن مالكٍ ﵁. قال النسائي: «سيفٌ لا أعرفه». وعرفه العجليُّ، فقال في «الثقات» (١/ ٦٤٤): «شاميٌّ تابعيٌّ ثقة». وذكره ابنُ حبان في «الثقات» (٤/ ٣٣٩)، وابنُ خلَفون في «الثقات»، كما في «إكمال تهذيب الكمال» (٦/ ١٩٨).

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