Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Un hadith remontant au Prophète (1) a été rapporté dans ce sens.

Il guette donc sans relâche la moindre inattention du serviteur : il sème dans son cœur les germes des espoirs illusoires, des passions et des imaginations fallacieuses. De ces semences naissent toutes sortes de fruits amers, d’épines et de calamités, et il ne cesse de les arroser jusqu’à ce qu’elles recouvrent le cœur et l’aveuglent.

  • Quant à la paresse, elle engendre la négligence, le laisser-aller, la privation et le regret le plus cuisant ; elle s’oppose à la volonté et à la résolution, qui sont le fruit de la science. Car quiconque sait que sa perfection et sa félicité résident dans une chose la recherche de toutes ses forces et s’y engage de tout son cœur. Chacun, en vérité, s’efforce de parfaire sa propre personne et son plaisir, mais la plupart se trompent de voie faute de savoir ce qu’ils devraient réellement rechercher.

La volonté est donc précédée par la connaissance et la représentation ; si elle vient à manquer, c’est le plus souvent parce que la connaissance et la perception ont manqué. Autrement, lorsqu’on possède la pleine certitude que le bonheur, le salut et la réussite du serviteur se trouvent dans ce but, comment la paresse pourrait-elle encore le gagner et l’empêcher de se lever pour l’atteindre ?

C’est pourquoi le Prophète ﷺ demandait protection contre la paresse ; dans le Sahih (2) on rapporte qu’il disait : « Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre l’anxiété et la tristesse, l’incapacité et la paresse, la lâcheté et l’avarice, le fardeau de la dette et l’oppression des hommes. »

(1) Rapporté par Abû Ya‘lâ (no 4301), Abû Nu‘aym, Ḥilyat al-awliyâ’ 6/268 ; Ibn ‘Adî, al-Kâmil 3/186 ; al-Bayhaqî, Shu‘ab al-îmân 2/435, ainsi que par d’autres, d’après Anas, avec une chaîne de transmission faible. Ibn Ḥajar l’a également jugé faible dans Fatḥ al-bârî 8/742. Voir encore : Majma‘ al-zawâ’id 7/149 et Ittiḥâf al-khayra 6/315, 384. (2) Rapporté par al-Bukhârî (no 2893, version citée) et Muslim (no 2706), d’après Anas.
وقد روي في هذا المعنى حديثٌ مرفوع (١). فهو دائمًا يترقَّبُ غفلةَ العبد، فيبذُر في قلبه بذرَ الأماني والشهوات والخيالات الباطلة، فيثمرُ كلَّ حنظلةٍ وكلَّ شوكٍ وكلَّ بلاء، ولا يزالُ يمدُّه بسَقْيِه حتى يغطِّي القلبَ ويُعْمِيه. * وأمَّا الكسل، فيتولَّد عنه الإضاعةُ والتفريطُ والحرمانُ وأشدُّ الندامة وهو منافٍ للإرادة والعزيمة التي هي ثمرةُ العلم؛ فإنَّ من علمَ أنَّ كمالَه ونعيمَه في شيءٍ طلبه بجهده وعزم عليه بقلبه كلِّه، فإنَّ كلَّ أحدٍ يسعى في تكميل نفسه ولذَّته، ولكنَّ أكثرهم أخطأ الطَّريق لعدم علمه بما ينبغي أن يطلبه. فالإرادةُ مسبوقةٌ بالعلم والتصوُّر، فتخلُّفها في الغالب إنما يكونُ لتخلُّف العلم والإدراك، وإلا فمع العلم التامِّ بأنَّ سعادة العبد في هذا المَطْلب ونجاتَه وفوزَه كيف يلحقُه كسلٌ في النهوض إليه؟! ولهذا استعاذ النبيُّ ﷺ من الكسل؛ ففي «الصحيح» (٢) عنه أنه كان يقول: «اللهم إني أعوذُ بك من الهمِّ والحَزَن، والعجز والكسل، والجُبْن والبخل، وضِلَع الدَّين وغلبة الرجال».
(١) أخرجه أبو يعلى (٤٣٠١)، وأبو نعيم في «الحلية» (٦/ ٢٦٨)، وابن عدي في «الكامل» (٣/ ١٨٦)، والبيهقي في «الشعب» (٢/ ٤٣٥)، وغيرهم من حديث أنسٍ بإسنادٍ ضعيف. وضعفه ابن حجر في «الفتح» (٨/ ٧٤٢). وانظر: «مجمع الزوائد» (٧/ ١٤٩)، و «إتحاف الخيرة» (٦/ ٣١٥، ٣٨٤). (٢) «البخاري» (٢٨٩٣)، واللفظ له، و «مسلم» (٢٧٠٦) من حديث أنس.

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