la source dont il tire son soutien, la force avec laquelle il le combat et le repousse. Or tout cela ne s’obtient que par la science. L’ignorant, lui, demeure dans l’insouciance et l’aveuglement à l’égard de cette affaire capitale et de ce danger immense.
C’est pourquoi le Coran mentionne très abondamment cet ennemi, sa condition, ses troupes et ses ruses ; les âmes ont en effet besoin de connaître leur adversaire ainsi que les voies qui permettent de le combattre et de lui résister. Sans la science qui lève le voile sur ces réalités, nul n’aurait pu lui échapper ; c’est donc la science, et le fruit qu’elle porte (1), qui procurent le salut.
Quatre-vingt-neuvième aspect : la plus grande cause par laquelle le serviteur se voit privé du bien d’ici-bas et de l’au-delà, du plaisir et du bonheur dans les deux demeures, et par laquelle son ennemi pénètre chez lui, se résume à deux choses :
- l’insouciance, qui s’oppose à la science ;
- la paresse, qui contredit la volonté ferme et la résolution.
Ces deux traits sont la racine du malheur du serviteur et la raison pour laquelle il se voit privé des degrés des bienheureux ; tous deux proviennent de l’absence de science.
Quant à l’insouciance, elle s’oppose radicalement à la science et lui est contraire. Le Très-Haut a blâmé ceux qui s’y adonnent, Il a interdit d’être des leurs (2), d’obéir à leurs injonctions ou d’accepter leurs propos. Il dit : « Et ne sois pas au nombre des insouciants » [al-Aʿrâf : 205] ; Il dit aussi : « N’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre rappel » [al-Kahf : 28] ; et Il dit encore : « Nous avons voué à l’Enfer nombre de djinns et d’hommes : ils ont des cœurs qui ne comprennent pas, des yeux qui ne voient pas, des oreilles qui n’entendent pas ; ceux-là sont comme des bestiaux, non, plus égarés encore ; ce sont eux les insouciants » [al-Aʿrâf : 179].