Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Selon certains récits, Iblîs déclare : « J’ai fait périr les fils d’Adam par les péchés, et ils m’ont anéanti par la demande de pardon et par la parole : “Lâ ilâha illâ-Llâh” (il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah). Lorsque j’ai constaté cela, j’ai semé parmi eux les passions ; ils fautent sans se repentir, persuadés qu’ils accomplissent le bien. » (1)

S’il obtient de l’homme ce résultat, il en fait l’un de ses prédicateurs et de ses chefs.

  • S’il n’y parvient pas, il le fait tomber dans la troisième voie : les grands péchés.
  • S’il échoue encore, il le fait glisser vers le lamm, la quatrième voie, c’est-à-dire les fautes légères.
  • Faute de réussir, il l’occupe par une œuvre valable mais moins méritoire que celle qui lui serait préférable, afin de lui faire perdre l’écart de mérite qui les sépare ; c’est la cinquième.
  • Si cela encore lui est impossible, il recourt à la sixième : il déchaîne contre lui ses partisans, qui le maltraitent, l’injurient, le diffament et l’accusent des pires forfaits, pour l’attrister et détourner son cœur de la science, de la résolution et de l’ensemble de ses œuvres.

Comment celui qui ignore ces réalités, qui ne connaît ni son ennemi ni les remparts qui le protègent, pourrait-il se prémunir contre lui ?! Nul n’échappe à cet adversaire si ce n’est celui qui l’a identifié, qui connaît les voies par lesquelles il l’atteint, l’armée dont il se sert, ses points d’entrée et de sortie, la manière de le combattre, les armes avec lesquelles il le combat, le traitement de ses blessures (2) et la source dont il tire son soutien

(1) Rapporté par Ibn Abi ‘Asim dans « as-Sunna » (1/40), par Abou Ya‘la dans son « Musnad » (1/123) — et, d’après cette même voie, par Tadj ad-Dîn as-Subkî dans « Tabaqât ach-Châfi‘iyya » (1/28) — ainsi que par at-Tabarânî dans « ad-Du‘â’ » (n° 1780), sur l’autorité d’Abou Bakr as-Siddîq, ḥadith marfû‘ dont la chaîne est très faible. Voir aussi : « Tafsîr Ibn Kathîr » (2/775) ; « Majma‘ az-Zawâ’id » (10/207) ; « Ithâf al-Khiyara » d’al-Bûsîrî (7/422). (2) Les manuscrits H et N lisent : « jurâḥâtihi » (ses blessures).
وفي بعض الآثار: «يقولُ إبليس: أهلكتُ بني آدم بالذنوب، وأهلكوني بالاستغفار وبلا إله إلا الله، فلمَّا رأيتُ ذلك بثثتُ فيهم الأهواء فهم يُذْنِبون ولا يتوبون؛ لأنهم يحسبون أنهم يحسنون صنعًا» (١). فإذا ظفر منه بهذه صَيَّره من دعاته وأمرائه. * فإن أعجزَته ألقاه في الثالثة، وهي الكبائر. * فإن أعجزَته ألقاه في اللَّمَم، وهي الرابعة، وهي الصغائر. * فإن أعجزَته شَغَله بالعمل المفضول عما هو أفضلُ منه، ليَرْبَح عليه الفضلَ الذي بينهما؛ وهي الخامسة. * فإن أعجزه ذلك صار إلى السادسة، وهي تسليطُ حزبه عليه يؤذونه ويشتمونه ويَبْهَتونه ويرمونه بالعظائم؛ ليَحْزُنَه ويشغلَ قلبه عن العلم والإرادة وسائر أعماله. فكيف يمكنُ أن يحترز منه من لا علم له بهذه الأمور، ولا بعدوِّه، ولا بما يحصِّنُه منه؟! فإنه لا ينجو من عدوِّه إلا من عرفه وعرفَ طرقَه التي يأتيه منها وجيشَه الذي يستعينُ به عليه، وعرفَ مداخلَه ومخارجَه، وكيفيَّةَ محاربته، وبأيِّ شيءٍ يحاربه، وبماذا يداوي جِراحتَه (٢)، وبأيِّ شيءٍ يستمدُّ
(١) أخرجه ابن أبي عاصم في «السنة» (١/ ٤٠)، وأبو يعلى في «مسنده» (١/ ١٢٣) - ومن طريقه تاج الدين السبكي في «طبقات الشافعية» (١/ ٢٨) -، والطبراني في «الدعاء» (١٧٨٠) من حديث أبي بكر الصديق مرفوعًا بإسنادٍ شديد الضعف. وانظر: «تفسير ابن كثير» (٢/ ٧٧٥)، و «مجمع الزوائد» (١٠/ ٢٠٧)، و «إتحاف الخيرة» للبوصيري (٧/ ٤٢٢). (٢) (ح، ن): «جراحاته».

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