Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

On a donc soutenu qu’il s’agit là d’une cécité de la clairvoyance intérieure, preuve en est que le Très-Haut mentionne la vision qu’auront les mécréants, le Jour de la Résurrection, des réalités de ce Jour, des anges et du Feu.

D’autres ont affirmé qu’il s’agit plutôt d’une cécité de la vue physique ; cet avis est donné pour prépondérant parce que, lorsque le terme est employé sans précision, on l’applique d’ordinaire à la vue matérielle, et à cause de cette parole divine : « Il dira : “Seigneur, pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle alors que je voyais clair ?” » (Tâ-Hâ : 125). Or il s’agit bien ici d’une cécité oculaire, car le mécréant n’a jamais été clairvoyant dans sa preuve.

Ceux qui défendent cette opinion rétorquent, au sujet de la vision accordée aux infidèles lors du Jugement, qu’Allah les fera sortir de leurs tombes jusqu’au lieu de rassemblement voyants, puis qu’Il les mènera de ce lieu vers l’Enfer aveugles ; telle est l’explication donnée par Al-Farâ’ et d’autres (1).

Quatre-vingt-huitième aspect : par Sa sagesse, Allah — exalté soit-Il — a mis sur le dos du serviteur un ennemi qui connaît parfaitement les chemins menant à sa perte, les causes du mal dans lequel il veut le précipiter, qui varie ses stratagèmes, les maîtrise, y met tout son zèle, et ne le quitte ni dans l’éveil ni dans le sommeil. Cet ennemi n’aura de cesse qu’il n’obtienne de sa victime l’un des six résultats suivants (2) :

• Le premier (3) — et c’est son but suprême — consiste à dresser une barrière entre le serviteur, la science et la foi, afin de le jeter dans la mécréance. S’il parvient à ce résultat, il s’en contente et se repose.

• Si ce coup lui échappe et que le serviteur est guidé à l’islam, il s’empresse alors de lui proposer ce qui vient immédiatement après la mécréance : l’innovation (bidʿa). Celle-ci lui est plus chère que le péché, car l’on se repent du péché tandis que l’on ne se repent pas de l’innovation ; l’innovateur se persuade, en effet, d’être dans la bonne voie.

(1) Voir : Maʿânî al-Qurʾân, t. 2, p. 194 ; ainsi que Zâd al-Masîr, t. 5, p. 332. (2) Voir : Badâʾiʿ al-Fawâʾid, p. 799-802. (3) Lecture conforme aux sources manuscrites.
فقيل: هو عمى البصيرة؛ بدليل إخباره تعالى عن رؤية الكفار ما في القيامة ورؤية الملائكة ورؤية النار. وقيل: هو عمى البصر؛ ورُجِّحَ هذا بأنَّ الإطلاقَ ينصرفُ إليه، وبقوله ﴿قَالَ رَبِّ لِمَ حَشَرْتَنِي أَعْمَى وَقَدْ كُنْتُ بَصِيرًا﴾ [طه: ١٢٥]، وهذا عمى العين؛ فإنَّ الكافرَ لم يكن بصيرًا بحجَّته. وأجاب هؤلاء عن رؤية الكفَّار في القيامة بأنَّ الله يخرجهم من قبورهم إلى موقف القيامة بُصَرَاء، ويُحْشَرون من الموقف إلى النار عُمْيًا. قاله الفرَّاءُ وغيره (١). الوجه الثامن والثمانون: أنَّ الله سبحانه بحكمته سَلَّط على العبد عدوًّا عالمًا بطرق هلاكه وأسباب الشرِّ الذي يلقيه فيه، متفنِّنًا فيها، خبيرًا بها، حريصًا عليها، لا يَفْتُرُ عنه يقظةً ولا منامًا، ولا بدَّ له من واحدةٍ من ستٍّ ينالها منه (٢): * أحدُها (٣) ــ وهي غايةُ مراده منه ــ: أن يحُول بينه وبين العلم والإيمان، فيلقيه في الكفر. فإذا ظفر بذلك فرغ منه واستراح. * فإن فاتته هذه وهُدِيَ للإسلام حرصَ على تِلْو الكفر، وهي البدعة، وهي أحبُّ إليه من المعصية؛ فإنَّ المعصية يُتابُ منها والبدعةُ لا يُتابُ منها؛ لأنَّ صاحبها يرى أنه على هدى.
(١) انظر: «معاني القرآن» (٢/ ١٩٤)، و «زاد المسير» (٥/ ٣٣٢). (٢) انظر: «بدائع الفوائد» (٧٩٩ - ٨٠٢). (٣) كذا في الأصول.

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