c’est pourquoi l’on qualifie les savants de « médecins des cœurs » (1). La comparaison n’est toutefois qu’approximative, car la réalité est bien plus considérable : beaucoup de peuples peuvent se passer de médecins, lesquels ne se trouvent que dans quelques contrées, et un homme peut traverser toute sa vie – ou une partie d’elle – sans jamais recourir à un praticien. Quant aux savants qui connaissent Allah et Ses commandements, ils sont la vie et l’âme même de l’existence ; on ne saurait s’en passer ne serait-ce qu’un clin d’œil.
Le besoin qu’a le cœur de la science n’est donc pas comparable à la nécessité de respirer : il est plus impérieux encore.
En somme, la science tient au cœur la place de l’eau pour le poisson : qu’il en soit privé et il meurt. Elle est au cœur ce que la lumière est à l’œil, l’ouïe à l’oreille, la parole à la langue ; s’il en est dépourvu, il devient semblable à un œil aveugle, une oreille sourde et une langue muette.
C’est pourquoi le Très-Haut décrit les gens de l’ignorance comme aveugles, sourds et muets ; tels sont les attributs de cœurs privés de savoir bénéfique, qui demeurent dans leur cécité, leur surdité et leur mutisme. Il dit : « Quiconque, ici-bas, est aveugle sera, dans l’au-delà, encore plus aveugle et plus égaré de la voie » (Al-Isrâ’ : 72) ; il s’agit ici de la cécité du cœur en ce monde. Il dit encore : « Le Jour de la Résurrection, Nous les rassemblerons sur leurs visages, aveugles, muets et sourds ; leur refuge sera la Géhenne » (Al-Isrâ’ : 97), car tels ils étaient déjà ici-bas, et le serviteur sera ressuscité dans l’état où il est mort.
Les exégètes ont divergé au sujet de la nature de cette cécité dans l’au-delà (2).