Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

l’idée que l’on se fait de sa propre grandeur et de ses mérites, ainsi que le désir d’être exalté et loué par les gens(1).

Le mal qui le ronge ne sort donc pas de l’une de ces trois catégories : une passion, une ambiguïté doctrinale, ou un composé des deux.

Toutes ces maladies naissent de l’ignorance, et leur remède est la science, comme l’a déclaré le Prophète ﷺ dans le récit de l’homme blessé à la tête, auquel on ordonna de pratiquer le grand lavage rituel et qui mourut : « Ils l’ont tué – qu’Allah les anéantisse ! Pourquoi n’ont-ils pas interrogé lorsqu’ils ne savaient pas ? Le seul traitement de l’ignorance est de questionner. »(2) Le Messager ﷺ a donc considéré l’ignorance – c’est-à-dire l’impuissance du cœur à connaître et celle de la langue à l’exprimer – comme une maladie dont la guérison consiste à interroger les savants.

Les maladies du cœur sont plus redoutables que celles du corps : la maladie physique, au pire, conduit son porteur à la mort, tandis que la maladie du cœur mène son porteur au malheur éternel. Or nul remède à ce mal sinon la science.

C’est pour cette raison qu’Allah, exalté soit-Il, a qualifié Son Livre de remède pour les maux des poitrines : « Ô hommes ! Il vous est venu une exhortation de votre Seigneur, un remède pour ce qui se trouve dans les poitrines, une guidée et une miséricorde pour les croyants » (Yûnus : 57).

De là vient que la place des savants à l’égard des cœurs est comparable à celle des médecins à l’égard des corps, et ce

(1) (H) : « wa madah­tuhum » (et Je les ai loués). (2) Rapporté par Ahmad, 1/330, Abou Dawud, n° 572, et d’autres encore, selon Ibn ‘Abbas. Le ḥadith présente de nombreuses variantes ; la portion retenue par l’auteur – le noyau du récit – paraît solide, tandis que sa fin est défectueuse. Voir : al-Awsat, Ibn al-Mundhir, 2/22 ; ‘Ilal Ibn Abî Ḥâtim, 1/37 ; Sunan al-Dâraqutnî, 1/189 ; al-Khilâfiyât, 2/490 ; Bayân al-wahm wa-l-i’ihâm, 2/236.
تخيُّل عظمته وفضله وإرادة تعظيم الخلق له ومَحْمَدَتِهم (١). فلا يخرجُ مرضه عن شهوةٍ، أو شبهةٍ، أو مركَّبٍ منهما. وهذه الأمراضُ كلُّها متولِّدةٌ عن الجهل، ودواؤها العلم، كما قال النبيُّ ﷺ في حديث صاحب الشَّجَّة الذي أفتوه بالغسل، فمات: «قتَلوه قتَلهم الله، ألا سألوا إذ لم يعلموا؟! إنما شفاءُ العِيِّ السؤال» (٢)؛ فجعلَ العِيَّ ــ وهو عِيُّ القلب عن العلم، واللسان عن النطق به ــ مرضًا، وشفاؤه سؤالُ العلماء. فأمراضُ القلوب أصعبُ من أمراض الأبدان؛ لأنَّ غايةَ مرض البدن أن يُفْضِي بصاحبه إلى الموت، وأمَّا مرضُ القلب فيُفْضِي بصاحبه إلى الشقاء الأبديِّ، ولا شفاءَ لهذا المرض إلا بالعلم. ولهذا سمَّى اللهُ تعالى كتابَه شفاءً لأمراض الصدور، قال تعالى: ﴿يَاأَيُّهَا النَّاسُ قَدْ جَاءَتْكُمْ مَوْعِظَةٌ مِنْ رَبِّكُمْ وَشِفَاءٌ لِمَا فِي الصُّدُورِ وَهُدًى وَرَحْمَةٌ لِلْمُؤْمِنِينَ﴾ [يونس: ٥٧]. ولهذا السبب نسبةُ العلماء إلى القلوب كنسبة الأطبَّاء إلى الأبدان، وما
(١) (ح): «ومدحتهم». (٢) أخرجه أحمد (١/ ٣٣٠)، وأبو داود (٥٧٢)، وغيرهما من حديث ابن عباس. وفيه اختلافٌ كثير، والأشبه صحة القدر الذي أورده المصنف وهو أصل الحديث، أما آخره فمعلول. انظر: «الأوسط» لابن المنذر (٢/ ٢٢)، و «علل ابن أبي حاتم» (١/ ٣٧)، و «سنن الدارقطني» (١/ ١٨٩)، و «الخلافيات» (٢/ ٤٩٠)، و «بيان الوهم والإيهام» (٢/ ٢٣٦).

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