l’idée que l’on se fait de sa propre grandeur et de ses mérites, ainsi que le désir d’être exalté et loué par les gens(1).
Le mal qui le ronge ne sort donc pas de l’une de ces trois catégories : une passion, une ambiguïté doctrinale, ou un composé des deux.
Toutes ces maladies naissent de l’ignorance, et leur remède est la science, comme l’a déclaré le Prophète ﷺ dans le récit de l’homme blessé à la tête, auquel on ordonna de pratiquer le grand lavage rituel et qui mourut : « Ils l’ont tué – qu’Allah les anéantisse ! Pourquoi n’ont-ils pas interrogé lorsqu’ils ne savaient pas ? Le seul traitement de l’ignorance est de questionner. »(2) Le Messager ﷺ a donc considéré l’ignorance – c’est-à-dire l’impuissance du cœur à connaître et celle de la langue à l’exprimer – comme une maladie dont la guérison consiste à interroger les savants.
Les maladies du cœur sont plus redoutables que celles du corps : la maladie physique, au pire, conduit son porteur à la mort, tandis que la maladie du cœur mène son porteur au malheur éternel. Or nul remède à ce mal sinon la science.
C’est pour cette raison qu’Allah, exalté soit-Il, a qualifié Son Livre de remède pour les maux des poitrines : « Ô hommes ! Il vous est venu une exhortation de votre Seigneur, un remède pour ce qui se trouve dans les poitrines, une guidée et une miséricorde pour les croyants » (Yûnus : 57).
De là vient que la place des savants à l’égard des cœurs est comparable à celle des médecins à l’égard des corps, et ce