Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

elles s’y enracinent, le cœur court à sa perte et meurt. Il s’agit : 1) de la maladie des passions, 2) de la maladie des ambiguïtés doctrinales ; ces deux-là sont la source de tous les maux qui frappent les créatures, sauf ceux qu’Allah a préservés.

Allah, exalté soit-Il, a évoqué ces deux maladies dans Son Livre :

– Pour ce qui est de la maladie des ambiguïtés, la plus grave et la plus meurtrière pour le cœur, on la reconnaît dans Sa parole au sujet des hypocrites : « Il y a dans leurs cœurs une maladie, et Allah n’a fait qu’aggraver cette maladie » ⦗Al-Baqarah : 10⦘ ; dans Sa parole encore : « Afin que ceux qui ont une maladie au cœur – et les mécréants – disent : “Qu’a donc voulu Allah par cet exemple ?” » ⦗Al-Muddaththir : 31⦘ ; et dans Sa parole : « Afin que ce que le diable suggère devienne une épreuve pour ceux qui ont une maladie au cœur et pour les cœurs endurcis » ⦗Al-Hajj : 53⦘. Voici donc trois passages où l’expression « maladie du cœur » désigne la maladie de l’ignorance et du doute.

– Quant à la maladie des passions, elle apparaît dans cette parole : « Ô femmes du Prophète, vous n’êtes semblables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne vous montrez pas trop complaisantes dans vos propos, de peur que celui dont le cœur est malade ne convoite » ⦗Al-Ahzâb : 32⦘, c’est-à-dire : ne rendez pas votre voix douce et enjôleuse, de crainte que celui dont le cœur recèle débauche et adultère n’en prenne espoir.

Les exégètes ajoutent qu’une femme, lorsqu’elle s’adresse à des hommes étrangers, doit employer un ton ferme et soutenu, sans adoucir ni briser sa parole, car cela la tient plus sûrement à l’écart du soupçon et de la convoitise.

Le cœur souffre encore d’autres maladies : l’ostentation, l’orgueil, la vanité, l’envie, la jactance, la suffisance hautaine, l’amour du pouvoir et la quête de supériorité sur terre.

Or cette maladie (1) est un amalgame de la maladie des ambiguïtés et de celle des passions ; elle implique en effet une conception corrompue et un désir illégitime, tels l’autosatisfaction, la jactance, la suffisance hautaine et l’orgueil, qui procèdent à la fois de

(1) C’est-à-dire ce qui vient d’être mentionné en dernier.
استحكما فيه كان هلاكُه وموتُه، وهما: مرض الشهوات، ومرض الشبهات؛ وهذان أصلُ داء الخلق إلا من عافاه الله. وقد ذكرَ اللهُ تعالى هذين المرضَيْن في كتابه: * أمَّا مرض الشبهات، وهو أصعبُهما وأقتلُهما للقلب، ففي قوله تعالى في حقِّ المنافقين: ﴿فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ فَزَادَهُمُ اللَّهُ مَرَضًا﴾ [البقرة: ١٠]، وقوله: ﴿وَلِيَقُولَ الَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ وَالْكَافِرُونَ مَاذَا أَرَادَ اللَّهُ بِهَذَا مَثَلًا﴾ [المدَّثر: ٣١]، وقال تعالى: ﴿لِيَجْعَلَ مَا يُلْقِي الشَّيْطَانُ فِتْنَةً لِلَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ وَالْقَاسِيَةِ قُلُوبُهُمْ﴾ [الحج: ٥٣]. فهذه ثلاثةُ مواضع، المرادُ بمرض القلب فيها مرضُ الجهل والشُّبهة. * وأمَّا مرض الشهوة، ففي قوله: ﴿يَانِسَاءَ النَّبِيِّ لَسْتُنَّ كَأَحَدٍ مِنَ النِّسَاءِ إِنِ اتَّقَيْتُنَّ فَلَا تَخْضَعْنَ بِالْقَوْلِ فَيَطْمَعَ الَّذِي فِي قَلْبِهِ مَرَضٌ﴾ [الأحزاب: ٣٢]، أي: لا تَلِنَّ بالكلام فيطمعَ الذي في قلبه فجورٌ وزنا. قالوا: والمرأةُ ينبغي لها إذا خاطبت الأجانبَ أن تُغْلِظَ كلامَها وتقوِّيه ولا تُليِّنه وتكسِّره؛ فإنَّ ذلك أبعدُ من الرِّيبة والطمع فيها. وللقلب أمراضٌ أُخر من: الرِّياء، والكِبْر، والعُجْب، والحسد، والفخر، والخُيلاء، وحبِّ الرِّياسة والعلوِّ في الأرض. وهذا المرض (١) مركَّبٌ من مرض الشبهة والشهوة؛ فإنه لا بدَّ فيه من تخيُّلٍ فاسد، وإرادةٍ باطلة، كالعُجْب والفخر والخيلاء والكِبْر المركَّب من
(١) يعني المذكور آخرًا.

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