une scie, ou tout autre instrument du même ordre (1) ; de même, lorsque de vastes et splendides demeures tombent en ruine et s’effondrent, on les transforme en enclos pour les moutons, les chameaux et autres bêtes.
Ainsi en est-il de l’être humain : s’il se montre digne de l’élection divine pour porter Son message et Sa prophétie, Allah en fait un Messager et un Prophète, selon la parole du Très-Haut : « Allah sait parfaitement où Il place Son message » (Les Bestiaux, 124). Si son essence ne lui permet pas d’atteindre cet éminent rang mais qu’elle le qualifie pour la succession de la prophétie et son héritage, il est désigné pour cette fonction et y parvient. S’il se situe encore au-dessous, mais reste capable d’accéder à la station de la sainteté, il y est préparé. Si, enfin, il ne convient qu’à l’action et au culte sans disposer de la connaissance et de la science, il est placé parmi ceux qui se consacrent à ces œuvres, jusqu’à atteindre le niveau de la masse des croyants. Mais s’il tombe même au-dessous de ce degré et que son âme ne soit réceptive à aucun bien, il devient bois et combustible pour le Feu.
Selon une tradition israélite, Moïse demanda à son Seigneur quel était le sort de ceux qu’Il châtie parmi Ses créatures. Il lui fut dit : « Ô Moïse, sème des graines. » Il les sema, puis Allah lui révéla : « Moissonne-les ; » ensuite : « Bats-les et vanne-les (2). » Moïse obéit : le grain resta d’un côté, la paille, les tiges et le chaume de l’autre. Allah lui révéla alors : « Je ne jetterai dans le Feu, parmi Mes serviteurs, que celui qui ne renferme aucun bien, à l’image des brindilles et des épines qui ne sont bonnes qu’à alimenter le feu (3). »
Ainsi, l’homme gravit les échelons de la perfection, degré après degré, jusqu’à ce qu’il atteigne