Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« Mais lorsque nous nous rencontrâmes et que je contemplai sa beauté,
Je sus avec certitude que, jusque-là, je ne faisais que m’amuser. » (1)

Les vertus les plus nobles sont liées aux épreuves, et l’on ne parvient au bonheur qu’en empruntant le pont de la difficulté ; on n’en parcourt la distance qu’à bord du navire du sérieux et de l’effort.

Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ (2) : « Yahyâ ibn Abî Kathîr a dit : “On n’acquiert la science qu’au prix de la fatigue du corps.” »

On a également dit : « Qui recherche le repos, renonce au repos. » (3)

« Ô union avec le Bien-Aimé, n’existe-t-il donc jamais
De chemin vers toi qui soit exempt de peine ? » (4)

Si la plupart des gens n’ignoraient pas la douceur exquise de ce plaisir et l’immensité de sa valeur, ils en viendraient aux armes pour se l’arracher. Mais il est entouré d’un voile d’épreuves et ils en sont tenus à l’écart par un voile d’ignorance, de sorte qu’Allah le réserve à ceux qu’Il veut parmi Ses serviteurs. Et Allah est le Détenteur d’une grâce immense.

Quatre-vingt-sixième aspect : Allah, exalté soit-Il, a créé les êtres existants et a fait

(1) Muhammad b. Dawud attribue ces deux vers, dans «al-Zahra» (p. 274), à l’un de ses contemporains, conformément à son habitude de rapporter ses pièces poétiques à des poètes de son époque, comme le signale al-Masʿudi dans «Mourouj adh-dhahab» (5/196). Cette attribution est confirmée par Nuri al-Qaysi dans «Feuillets du dîwân de Muhammad b. Dawud» (pp. 10-12). (2) No 612. Le fait que Muslim l’ait inséré à cet endroit précis de son «Sahih» recèle une subtilité intéressante ; cf. «Ikmâl al-muʿallim» (2/577) et le «Commentaire de Nawawi» (5/113). (3) Voir : al-Bayhaqi, «az-Zuhd» (no 83) ; al-Mâwardi, «Adab ad-dunyâ wa-d-dîn» (p. 65). — Mihyâr déclare également, Dîwân (1/80) : «L’austère départ avant l’aube l’a épuisé dans sa quête des sommets ; qui recherche le repos doit d’abord se fatiguer.» (4) Je n’en ai pas retrouvé la source ; le vers rappelle toutefois la facture métrique propre à l’auteur.
فلمَّا تلاقينا وعايَنْتُ حُسْنَها ... تيقَّنتُ أني إنما كنتُ ألعبُ (١) فالمكارمُ مَنُوطةٌ بالمكاره، والسعادةُ لا يُعْبَرُ إليها إلا على جسر المشقَّة، ولا تُقْطَعُ مسافتُها إلا في سفينة الجدِّ والاجتهاد. قال مسلمٌ في «صحيحه» (٢): «قال يحيى بن أبي كثير: لا يُنالُ العلمُ براحة الجسم». وقد قيل: «من طلبَ الراحةَ تركَ الراحة» (٣). فيا وَصْلَ الحبيب أمَا إليه ... بغيرِ مشقَّةٍ أبدًا طريقُ (٤) ولولا جهلُ الأكثرين بحلاوة هذه اللذَّة وعِظَم قدرها لتَجالدوا عليها بالسيوف، ولكن حُفَّت بحجابٍ من المكاره، وحُجِبوا عنها بحجابٍ من الجهل؛ ليختصَّ اللهُ بها من يشاء من عباده، والله ذوالفضل العظيم. الوجه السادس والثمانون: أنَّ اللهَ سبحانه خلقَ الموجودات، وجَعَل
(١) نسبهما محمد بن داود في «الزهرة» (٢٧٤) لبعض أهل العصر، على عادته في عزو شعره لبعض أهل عصره، كما ذكر المسعوديُّ في «مروج الذهب» (٥/ ١٩٦)، وتصديقُه فيما كتب نوري القيسي في «أوراق من ديوان محمد بن داود» (١٠ - ١٢). (٢) (٦١٢). ولإيراد مسلم له في صحيحه في هذا الموضع منه نكتةٌ لطيفة، انظر: «إكمال المعلم» (٢/ ٥٧٧)، و «شرح النووي» (٥/ ١١٣). (٣) انظر: «الزهد» للبيهقي (٨٣)، و «أدب الدنيا والدين» (٦٥). وقال مِهْيار، ديوانه (١/ ٨٠): أتعبَه تغليسُه في العُلا ... من طلبَ الراحةَ فليتعبِ (٤) لم أجده، ويشبه نظم المصنف.

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