Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et elle accompagne le serviteur dans tous ses voyages, puis dans ses trois demeures — j’entends la demeure d’ici-bas, la demeure intermédiaire (barzakh) et la demeure du séjour définitif — ; grâce à elle il gravit les paliers du mérite et les degrés de la perfection.

Quant à la première, elle ne l’accompagne (1) que dans l’endroit où se trouvent sa fortune et son prestige.

La seconde, pour sa part, est exposée à la disparition et au changement lorsque la créature décline et retourne à la faiblesse.

Il n’existe donc, à proprement parler, de bonheur véritable que ce troisième ; plus le temps passe, plus il gagne en force et en élévation. Si la richesse et le rang viennent à faire défaut, il devient la richesse et le rang du serviteur ; sa puissance et son effet se manifestent après la séparation d’avec le corps (2), quand les deux premiers bonheurs se sont éteints (3).

Nul ne prend la juste mesure de ce bonheur, ni n’est poussé à le poursuivre, sinon la connaissance qu’on en a ; ainsi, tout bonheur se ramène finalement à la science et à ce qu’elle requiert. Allah accorde la réussite à qui Il veut : nul ne peut retenir ce qu’Il donne, nul ne peut donner ce qu’Il retient.

Si la plupart des gens se détournent de l’acquisition et de la réalisation de ce bonheur, c’est à cause de la rudesse de son chemin, de l’amertume de ses débuts et de la peine qu’exige sa conquête : on n’y parvient qu’en empruntant un pont de labeur (4) ; il ne s’obtient que par un sérieux absolu, contrairement aux deux premiers (5), qui ne sont qu’une part que l’on peut obtenir

(1) Les manuscrits T, D, Q et H portent : « fa-innaha ». (2) C’est-à-dire : la séparation de l’âme d’avec le corps. (3) Les manuscrits donnent ici la forme duelle al-awwalata. Tha‘lab en a attesté l’usage, mais plusieurs grammairiens la rangent parmi les fautes populaires ; la forme correcte est al-awwalayân, duel de al-ûlâ. Cf. Lisân (entrée awl), Taṣḥîḥ at-taṣḥîf, p. 139, et al-Miṣbâḥ al-munîr (entrée âl). Dans divers passages des œuvres de l’auteur on trouve tantôt l’écriture avec tâ’, tantôt avec yâ’, et il est difficile de distinguer sa propre graphie des interventions des copistes, l’autographe ne nous étant pas parvenu. (4) Le manuscrit N lit : « la fatigue et la peine ». (5) Omission dans D ; le manuscrit Q porte : « al-awwalayîn ».
والمُصاحِبةُ للعبد في جميع أسفاره، وفي دُوره الثلاثة ــ أعني دار الدنيا، ودار البرزخ، ودار القرار ــ، وبها يترقَّى في معارج الفضل ودرجات الكمال. أمَّا الأولى، فإنما (١) تصحبُه في البقعة التي فيها مالُه وجاهُه. والثانية، فعُرضةٌ للزوال والتبدُّل بِنَكْس الخَلْق والردِّ إلى الضَّعف. فلا سعادةَ في الحقيقة إلا هذه الثالثة، التي كلَّما طال عليها الأمدُ ازدادت قوةً وعلوًّا، وإذا عُدِمَ المالُ والجاهُ فهي مالُ العبد وجاهُه، وتظهرُ قوتُها وأثرُها بعد مفارقة البدن (٢) إذا انقطعت السعادتان الأوَّلتان (٣). وهذه السعادةُ لا يعرفُ قَدْرَها ويبعثُ على طلبها إلا العلمُ بها؛ فعادت السعادةُ كلُّها إلى العلم وما يقتضيه، والله يوفِّقُ من يشاء، لا مانع لما أعطى ولا معطي لما منع. وإنما رَغِبَ أكثرُ الخلق عن اكتساب هذه السعادة وتحصيلها لوعورة طريقها، ومرارة مَباديها، وتعب تحصيلها، وأنها لا تنالُ إلا على جسرٍ من التعب (٤)؛ فإنها لا تُحَصَّلُ إلا بالجدِّ المحض، بخلاف الأوَّلتَين (٥)، فإنهما حظٌّ قد يَحُوزُه
(١) (ت، د، ق، ح): «فإنها». (٢) أي: مفارقة الروح البدن. (٣) كذا في الأصول، مثنى: الأوَّلة. لغةٌ حكاها ثعلب، وعدَّها طائفةٌ من لحن العوام. والمشهور الفصيح: الأُولَيان، مثنى: الأُولى. انظر: «اللسان» (وأل)، و «تصحيح التصحيف» (١٣٩)، و «المصباح المنير» (آل). وتقع في مواضع من كتب المصنف بالتاء، وفي مواضع بالياء، ويصعب تمييز قلمه من اجتهادات النساخ في مثل هذا مما لم يصلنا بخطه. (٤) (ن): «التعب والمشقة». (٥) مهملة في (د). (ق): «الأوليين».

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies