et le savant le jaugea : il tâta le gué (1) sans rien y trouver. On lui demanda alors : « Qu’en as-tu pensé ? » Il répondit : « J’ai vu une demeure élégante, richement décorée, mais sans habitant ! »
- La seconde félicité : un bonheur corporel et physique ; c’est la santé, l’équilibre de ses humeurs, la proportion de ses membres, la bonne harmonie de sa constitution, la limpidité de son teint et la vigueur de ses nerfs (2).
Cette félicité lui est plus proche que la première, mais, en vérité, elle demeure extérieure à son être et à sa réalité ; car l’être humain est humain par son esprit et par son cœur, non par sa chair et son corps, comme on l’a dit :
Ô toi qui sers le corps, que de peine tu te donnes à le servir !
C’est par l’esprit, non par le corps, que tu es vraiment humain (3).
Ainsi, le rapport de cette félicité à l’âme et au cœur est celui des vêtements au corps ; car le corps, lui aussi, n’est qu’un prêt consenti à l’esprit, un instrument à son service, l’une de ses montures. Par conséquent, sa santé, sa beauté et sa prestance représentent un bonheur extérieur à l’essence même de l’âme.
- La troisième félicité : la véritable félicité, psychique, spirituelle et intérieure ; c’est la félicité qu’apporte la science utile et ses fruits, et c’est elle qui demeure lorsque les situations se renversent.