Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de l’homme tient à la santé de ces trois organes, et son infortune provient de leur corruption.

Ibn ‘Abbâs a dit : « Allah interrogera les serviteurs sur l’usage qu’ils auront fait de ces trois (organes) : l’ouïe, la vue et le cœur. » (1)

Or Allah – exalté soit-Il – a accordé au serviteur l’ouïe afin qu’il entende par elle les ordres de son Seigneur, Ses interdictions et Ses engagements ; le cœur, pour qu’il les comprenne et les pénètre ; et la vue, pour qu’il contemple Ses signes et en déduise Son unicité et Sa seigneurie. Le but de ces instruments est donc l’acquisition du savoir, son fruit et ses implications.

Quatre-vingt-cinquième aspect : les formes de bonheur que les âmes recherchent se ramènent à trois catégories :

– Une félicité extérieure à l’être même de l’homme, empruntée à autrui et qui disparaît dès que le prêt est repris : telle est la félicité que procurent la richesse, le rang social et ce qui les accompagne. Tant qu’il en jouit, l’homme est heureux, entouré d’égards, au centre des regards ; mais il peut, en un seul jour, devenir plus avili qu’un pieu fiché dans un sol creux, que l’on fracasse à coups de lourde pierre (2).

(1) Rapporté par al-Tabari, 24/582, et par al-Bayhaqi dans al-Shuʿab, 8/492, par la voie de ʿAli b. Abi Talha d’après lui. (2) Il s’agit d’un proverbe bien connu. Voir : al-Mustaqsa, 1/199 ; Jamhara al-Amthal, 1/468. Son origine est un vers de ʿAbd al-Rahman b. Hassan b. Thabit, tiré d’une pièce satirique contre ʿAbd al-Rahman b. al-Hakam b. Abi l-ʿAs, cité dans al-Kamil, 341 et 627 : « Wa kunta adhalla min watadin bi-qāʿin / yushajjiju raʾsahu bi-l-fihr wājin » « Tu étais plus avili qu’un pieu planté dans une plaine, dont la tête est fracassée par une pierre tenue dans le creux de la main. » Le vers figure aussi parmi les exemples de : al-Kitab, 3/555 ; Sharh al-Mufaṣṣal, 9/114 ; Sharh al-Shafiya, 3/49, etc. – al-qāʿ : terrain plat ; – yushajjiju : forme intensive de yashujju (« fendre, meurtrir ») ; – al-fihr : pierre de la taille du creux de la main ; – wāji : forme contractée de wajāʾ, participe actif de wajaʾ (« frapper, blesser »), l’hamza ayant été allégée pour les besoins de la métrique.
الإنسان بصحة هذه الأعضاء الثلاثة، وشقاوتُه بفسادها. قال ابن عباس: «يسألُ اللهُ العبادَ فيما استعملوا هذه الثلاثة: السمع والبصر والفؤاد» (١). والله تعالى أعطى العبدَ السمعَ ليسمعَ به أوامرَ ربِّه ونواهيه وعُهودَه، والقلبَ ليعقلها ويَفْقَهها، والبصرَ ليرى آياته فيستدلَّ بها على وحدانيته وربوبيته؛ فالمقصودُ بإعطائه هذه الآلات العلمُ وثمرتُه ومقتضاه. الوجه الخامس والثمانون: أنَّ أنواع السعادات التي تُؤْثِرُها النفوسُ ثلاثة: * سعادةٌ خارجيةٌ عن ذات الإنسان، بل هي مستعارةٌ له من غيره، تزولُ باسترداد العاريَّة، وهي سعادةُ المال والجاه وتوابعهما، فبينا المرءُ بها سعيدٌ ملحوظٌ بالعناية مرموقٌ بالأبصار، إذ أصبح في اليوم الواحد أذلَّ مِنْ وَتِدٍ بقاعٍ يُشَجِّجُ رأسَه بالفِهْر واجي (٢).
(١) أخرجه الطبري (٢٤/ ٥٨٢)، والبيهقي في «الشعب» (٨/ ٤٩٢) من طريق علي بن أبي طلحة عنه. (٢) هذا مثلٌ سائر. انظر: «المستقصى» (١/ ١٩٩)، و «جمهرة الأمثال» (١/ ٤٦٨). وأصلُه بيتٌ لعبد الرحمن بن حسان بن ثابت، من كلمةٍ يهجو فيها عبد الرحمن بن الحكم بن أبي العاص، في «الكامل» (٣٤١، ٦٢٧). قال: وكنتَ أذلَّ من وتدٍ بقاعٍ ... يشجِّجُ رأسَه بالفِهْر واجِي وهو من شواهد «الكتاب» (٣/ ٥٥٥)، و «شرح المفصَّل» (٩/ ١١٤)، و «شرح الشافية» (٣/ ٤٩)، وغيرها. والقاع: المستوي من الأرض. ويُشَجِّج: مبالغةٌ من يشُجُّ. والفِهْر: الحجرُ ملء الكفِّ. و «واجي» أصلُها: «واجاء»، اسمُ فاعلٍ من وَجَأ، خفَّف الهمزَ اضطرارًا.

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