Et Il – exalté soit-Il – a dit : « Nous leur avons pourtant accordé l’ouïe, la vue et des cœurs ; mais ni leur ouïe, ni leur vue, ni leurs cœurs ne leur ont servi à rien » (al-Aḥqāf, 26).
Il a également dit : « Ne lui avons-Nous pas donné deux yeux (8), une langue et deux lèvres (9), et ne lui avons-Nous pas montré les deux voies ? » (al-Balad, 8-10). Il rappelle ici les deux yeux (1) grâce auxquels l’homme perçoit et connaît ce qu’il contemple, puis la guidance vers les deux voies, celles du bien et du mal, sujet d’un hadith remontant au Prophète transmis sous forme mursal (2). Tel est l’avis de la plupart des exégètes, et il est corroboré par un autre verset : « Nous l’avons certes guidé vers le chemin ; qu’il soit reconnaissant ou ingrat » (al-Insān, 3).
Or la guidance se réalise par le cœur et par l’ouïe ; l’ouïe y est donc incluse de manière incontournable. Il mentionne ensuite la langue et les deux lèvres, qui sont l’instrument de l’enseignement. Ainsi, Il a rappelé les instruments de la connaissance et de sa transmission, et Il les a érigés en signes attestant de Lui, de Sa puissance, de Son unicité, ainsi que des bienfaits par lesquels Il Se fait connaître à Ses serviteurs.
Et comme ces trois organes sont les plus nobles, les souverains des autres, ceux qui les dirigent et les gouvernent, Il – glorifié soit-Il – les a cités nommément lorsqu’Il a annoncé qu’ils feraient l’objet d’un interrogatoire : « L’ouïe, la vue et le cœur : de tout cela, on aura à rendre compte » (al-Isrâ’, 36). Ainsi, la félicité