Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils ajoutent encore : la vue, en effet, conduit jusqu’au cœur puis en fait ressortir ce qu’il recèle, car l’œil est le miroir du cœur ; il y apparaît ce qu’il dissimule d’amour ou de haine, d’alliance ou d’inimitié, de joie ou de tristesse, et bien d’autres états.
Quant à l’oreille, elle ne renvoie absolument rien du cœur ; son rôle se limite à y faire parvenir l’information. L’œil, de ce point de vue, lui est bien plus étroitement lié.

(1) Or la position correcte est que chacun des deux sens possède une particularité qui le fait prévaloir sur l’autre : ce que l’on saisit par l’ouïe est plus vaste et plus englobant, tandis que ce que l’on saisit par la vue est plus achevé et plus parfait. L’ouïe se distingue par l’ampleur et l’universalité ; la vue, par la clarté, la complétude et la plénitude de la perception.

Pour ce qui est des délices réservés aux gens du Paradis, ils se ramènent à deux réalités :

  1. contempler Dieu ;
  2. entendre Son adresse et Sa parole, ainsi que le rapporte ʿAbd Allâh b. Aḥmad dans « as-Sunna » (2) et d’autres : « Le Jour de la Résurrection, on dirait que les gens n’avaient jamais entendu le Coran avant de l’entendre de…"
(1) Il s’agit de la réponse de Shaykh al-Islam Ibn Taymiyya, citée par l’auteur dans Madarij al-salikin, t. 2, p. 410, et dans Bada’iʿ al-fawa’id, p. 126 et 1107. Voir aussi Majmuʿ al-fatâwâ, t. 16, p. 68 ; Darʾ al-taʿârud, t. 7, p. 325 ; al-Radd ʿalâ al-mantiqiyyîn, p. 96. Al-Safadî signale dans Nukat al-himyân, p. 18, qu’Ibn Taymiyya avait rédigé un fascicule sur cette question. (2) Voir également le n° 123, ainsi qu’al-Khallâl, al-Sunnah, t. 6, p. 84-85, qui rapportent tous deux la parole de Muhammad b. Kaʿb al-Qurazî. Al-Râfiʿî l’a transmis dans al-Tadwîn, t. 4, p. 403, par la voie d’Abû Hurayra sous forme marfûʿa (attribuée au Prophète) ; la chaîne est faible et cette élévation est considérée comme réprouvée.
قالوا: وأيضًا؛ فالبصرُ يؤدِّي إلى القلب، ويؤدِّي عنه؛ فإنَّ العينَ مرآةُ القلب، يظهرُ فيها ما يُجِنُّه من المحبة والبغض، والموالاة والمعاداة، والسُّرور والحزن، وغيرها. وأمَّا الأذنُ، فلا تؤدِّي عن القلب شيئًا البتَّة، وإنما مرتبتُها الإيصالُ إليه حَسْب؛ فالعينُ أشدُّ تعلُّقًا به. * والصوابُ (١) أنَّ كلًّا منهما له خاصِّيَّةٌ فُضِّل بها على الآخر؛ فالمُدْرَكُ بالسمع أعمُّ وأشمل، والمُدْرَكُ بالبصر أتمُّ وأكمل؛ فالسمعُ له العمومُ والشمول، والبصرُ له الظهورُ والتمامُ وكمالُ الإدراك. وأمَّا نعيمُ أهل الجنة فشيئان: أحدهما: النظرُ إلى الله. والثاني: سماعُ خطابه وكلامه؛ كما رواه عبد الله بن أحمد في «السُّنَّة» (٢) وغيره: «كأنَّ الناسَ يوم القيامة لم يسمعوا القرآنَ إذا سمعوه من
(١) هذا جوابُ شيخ الإسلام ابن تيمية، كما ذكر المصنفُ في «مدارج السالكين» (٢/ ٤١٠)، و «بدائع الفوائد» (١٢٦، ١١٠٧). وانظر: «مجموع الفتاوى» (١٦/ ٦٨)، و «درء التعارض» (٧/ ٣٢٥)، و «الرد على المنطقيين» (٩٦). وذكر الصفديُّ في «نكت الهميان» (١٨) أن لشيخ الإسلام كراسةً في هذه المسألة. (٢) (١٢٣)، والخلال في «السنة» (٦/ ٨٤، ٨٥) كلاهما عن محمد بن كعب القرظيِّ قوله. وأخرجه الرافعي في «التدوين» (٤/ ٤٠٣) عنه عن أبي هريرة مرفوعًا بإسنادٍ ضعيف، ورفعُه منكر.

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