dotés de clairvoyance. Car la réflexion procède du cœur, tandis que la vision appartient à l’œil.
Le Très-Haut dit encore : « Nous retournons leurs cœurs et leurs regards parce qu’ils n’ont pas cru la première fois. » ⦗Al-Anʿâm 110⦘ ; Il n’a pas dit : « et leurs oreilles ». Il dit aussi : « Ce ne sont pas les regards qui s’aveuglent, mais les cœurs qui sont dans les poitrines. » ⦗Al-Ḥajj 46⦘ ; ainsi que : « Ils redoutent un Jour où les cœurs et les regards seront bouleversés. » ⦗An-Nûr 37⦘ ; et encore : « Ce Jour-là, des cœurs seront affolés et leurs regards abaissés. » ⦗An-Naziʿât 8-9⦘ ; de même : « Il connaît la trahison des regards et ce que les poitrines recèlent. » ⦗Ghâfir 19⦘.
Au sujet de Son Messager, Il dit : « Le cœur n’a pas menti sur ce qu’il a vu. » ⦗An-Najm 11⦘, puis : « La vue ne s’est ni détournée ni n’a dépassé la mesure. » ⦗An-Najm 17⦘. Cela montre la vigueur du lien et de la connexion entre le cœur et le regard ; c’est pourquoi l’on lit dans l’œil d’autrui ce que recèle son cœur — image maintes fois reprise, en prose comme en poésie, trop fréquemment pour être recensée ici (1).
Puisque le cœur est l’organe le plus noble, l’organe qui lui est le plus intimement lié possède, par ricochet, une noblesse supérieure à celle des autres (2).
Ils disent encore : voilà pourquoi le cœur accorde à la vue une confiance qu’il ne donne pas à l’ouïe ; si toutefois il se met à douter de cette dernière (3), il soumet ce qu’elle lui rapporte au jugement du regard, afin que celui-ci l’avalise ou le rejette : la vue est alors l’arbitre de l’ouïe.