Les gens ont divergé sur laquelle des deux facultés est la plus excellente (1).
– Un groupe, parmi lesquels Abû al-Maʿâlî (2) et d’autres, a soutenu que l’ouïe prime.
Ils disent : c’est grâce à elle que l’on obtient le bonheur d’ici-bas et de l’au-delà, car ce bonheur dépend du fait de suivre les envoyés et d’accueillir leurs messages ; or c’est par l’ouïe qu’on les connaît, et celui qui en est privé ignore tout de ce qu’ils ont apporté.
De plus, l’ouïe permet de percevoir la réalité la plus auguste et la plus noble : la Parole d’Allah, dont la supériorité sur toute autre parole est à l’image de la supériorité d’Allah sur Sa création.
Par ailleurs, les sciences ne s’acquièrent que par la compréhension mutuelle et l’échange verbal, choses impossibles sans l’ouïe.
Enfin, son champ de perception est plus vaste que celui de la vue : elle saisit les universaux et les particuliers, le visible et l’invisible, l’existant et le non-existant, tandis que la vue ne perçoit qu’une partie des choses observées. L’ouïe reçoit tout savoir ; comment alors mettre les deux sur le même plan ?!