Allah — exalté soit-Il — a créé les anges comme de pures intelligences dénuées de passions ; Il a créé les animaux, êtres de passions privés d’intelligence ; et Il a créé l’homme, composé à la fois de raison et de désir. Ainsi, celui dont la raison l’emporte sur la passion est meilleur que les anges, tandis que celui dont la passion subjugue la raison est plus vil que les bêtes (1).
Il — qu’Il soit exalté — a de surcroît établi entre les hommes des degrés dans le savoir : le savant d’entre eux devint l’instructeur des anges, selon cette parole du Très-Haut : « Ô Adam, fais-leur connaître leurs noms » (Al-Baqara : 33) — un rang au-dessus duquel il n’en est point. Quant à l’ignorant, Il l’a placé si bas que même Satan ne veut ni de lui ni pour lui, comme celui-ci déclara à l’ignorant qui l’avait suivi dans la mécréance : « Je me désavoue de toi » (Al-Hashr : 16) ; et comme il dit à leurs ignorants qui avaient désobéi au Messager : « Je me désavoue de vous » (Al-Anfâl : 48).
Par Allah, que cet écart entre deux hommes est immense : l’un, devant qui les anges se prosternent et auquel ils empruntent le savoir qu’Allah lui a octroyé ; l’autre, que même Satan refuse pour allié !
Or cette distance abyssale n’est due qu’au savoir et à ses fruits. Si la seule vertu de la science était de rapprocher du Seigneur des mondes, d’intégrer le monde des anges et de fréquenter la sublime assemblée, cela suffirait déjà à lui conférer honneur et noblesse ; que dire alors quand la gloire d’ici-bas et de l’au-delà est suspendue à son obtention et conditionnée par elle ?!
Quatre-vingt-troisième aspect : le plus noble dans l’être humain est le siège même du savoir : son cœur, son ouïe et sa vue.