Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils ont dit : ce passage a été révélé au sujet des croyants issus des gens de l’Écriture.

D’autres ont soutenu qu’il s’agit là d’une description des musulmans, et que le pronom de « ils le récitent » renvoie au Livre, c’est-à-dire au Coran (1). Or cette interprétation est peu plausible, car l’usage coranique ne la corrobore pas.

L’objection que l’on pourrait tirer de la parole du Très-Haut : « Ceux à qui Nous avons donné l’Écriture Le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs propres fils ; cependant, un groupe d’entre eux dissimule sciemment la vérité » [Al-Baqarah : 146], ne vaut pas contre ce que nous avons exposé ; bien au contraire, elle constitue pour nous un argument supplémentaire, pour les raisons déjà mentionnées. En effet, le verset commence par attester qu’ils connaissent Son Messager ﷺ, sa religion et sa qibla aussi sûrement qu’ils connaissent leurs enfants, faisant appel à leur témoignage contre les négateurs et les louant. C’est pourquoi les exégètes ont précisé qu’il s’agissait d’Abd Allah ibn Salâm et de ses compagnons (2). Ensuite, à la fin du verset, Il réserve le blâme à un groupe d’entre eux ; il s’ensuit que les premiers ne sont pas voués au blâme. Le fait qu’ils soient englobés au début par un pronom n’implique pas que l’expression « à qui Nous avons donné l’Écriture », prise de façon absolue, doive nécessairement les viser ; ils y sont inclus de manière implicite et secondaire, si bien qu’il n’est pas obligatoire que cette formule les englobe de façon délibérée.

Le Très-Haut dit encore dans la sourate Al-Anʿâm : « Diriez-vous vraiment que vous témoignez qu’il existe auprès d’Allah d’autres divinités ? Dis : « Je ne témoigne pas. » Dis encore : « En vérité, Il n’est qu’un Dieu unique, et je désavoue ce que vous associez à Lui. » (19) Ceux à qui Nous avons donné l’Écriture Le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs propres fils. »

On a dit (3) qu’il s’agit ici du Messager et de la véracité de sa mission.

(1) Rapporté par al-Tabari, Tafsîr, vol. 2, p. 564, d’après Qatâda. (2) Voir : ad-Durr al-manthûr, vol. 1, p. 147. (3) C’est-à-dire le pronom du verbe yaʿrifûnahu (« ils le reconnaissent »).
قالوا: ونزلت في مؤمني أهل الكتاب. وقيل: هذا وصفٌ للمسلمين، والضميرُ في ﴿يَتْلُونَهُ﴾ للكتاب الذي هو القرآن (١). وهذا بعيد؛ إذ عُرْفُ القرآن يأباه. ولا يَرِدُ على ما ذكرنا قولُه تعالى: ﴿الَّذِينَ آتَيْنَاهُمُ الْكِتَابَ يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ وَإِنَّ فَرِيقًا مِنْهُمْ لَيَكْتُمُونَ الْحَقَّ وَهُمْ يَعْلَمُونَ﴾ [البقرة: ١٤٦]، بل هذا حجَّةٌ لنا أيضًا، لِمَا ذكرنا، فإنه أخبر في الأول عن معرفتهم برسوله ﷺ ودينه وقبلته كما يعرفون أبناءهم، استشهادًا بهم على من كفر، وثناءً عليهم، ولهذا ذكر المفسِّرون أنهم عبد الله بن سلام وأصحابُه (٢)، وخَصَّ في آخر الآية بالذَّمِّ طائفةً منهم؛ فدلَّ على أنَّ الأولين غيرُ مذمومين، وكونُهم دخلوا في جملة الأولين بلفظِ المضمَر لا يوجبُ أن يقال: ﴿آتَيْنَاهُمُ الْكِتَابَ﴾ عند الإطلاق، فإنهم دخلوا في هذا اللفظ ضِمْنًا وتبعًا، فلا يلزمُ تناولُه لهم قصدًا واختيارًا. وقال تعالى في سورة الأنعام: ﴿أَئِنَّكُمْ لَتَشْهَدُونَ أَنَّ مَعَ اللَّهِ آلِهَةً أُخْرَى قُلْ لَا أَشْهَدُ قُلْ إِنَّمَا هُوَ إِلَهٌ وَاحِدٌ وَإِنَّنِي بَرِيءٌ مِمَّا تُشْرِكُونَ (١٩) الَّذِينَ آتَيْنَاهُمُ الْكِتَابَ يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمُ﴾. قيل (٣): الرسولُ وصِدْقُه.
(١) أخرجه الطبري (٢/ ٥٦٤) عن قتادة. (٢) انظر: «الدر المنثور» (١/ ١٤٧). (٣) أي في ضمير ﴿يَعْرِفُونَهُ﴾.

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