et malgré l’intégrité de ces sens. C’est uniquement parce qu’ils éprouvaient une haine et une répulsion extrêmes à son encontre, ainsi qu’à l’encontre de Sa parole, qu’ils devinrent semblables à celui qui ne peut ni l’entendre ni le voir. Tel est un tour d’expression courant aussi bien chez les lettrés que chez le commun ; l’on dit : « Je ne supporte pas de regarder un tel, ni de pouvoir écouter ses propos », par haine et aversion envers lui.
Or, certains partisans du jabr (fatalisme) invoquent ce verset et d’autres semblables pour étayer leur thèse, mais il n’y a là aucun argument en leur faveur : le propos n’est nullement de leur ôter l’ouïe et la vue sur lesquelles repose irréfutablement la preuve portée contre eux ; ce qui leur est retiré, c’est l’audition dont découlent le profit et le fruit spirituels. Le décret divin (qadar) est certes une vérité, cependant il incombe de replacer le Coran dans ses contextes, de situer chaque verset à la place qui lui revient (1), et de suivre la vérité où qu’elle se trouve.
De même, si quelqu’un ne parvient pas à comprendre le discours, il ne saurait s’en prévaloir comme excuse ; le défaut vient de lui. Il est comparable à celui qui, lorsqu’on lui parle, se bouche les oreilles et n’entend donc pas ; cela ne constitue en rien une excuse.
C’est dans ce sens qu’ils disent : « Nos cœurs sont enveloppés par ce à quoi tu nous appelles, nos oreilles sont bouchées, et un voile nous sépare de toi » [Fussilat : 5]. Autrement dit, par leur refus d’accepter son message, par leur manque de goût pour l’écouter, par leur préférence pour l’évitement et l’intense répulsion qu’ils éprouvent envers lui, ils sont semblables à celui qui ne le comprend pas, ne l’entend pas et ne voit même pas celui qui s’adresse à lui. C’est à cause de cela qu’ils diront en Enfer : « Si seulement nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas au nombre des gens de la Fournaise » [al-Mulk : 10]. C’est pourquoi Allah a considéré cela comme quelque chose qu’ils pouvaient accomplir et dont ils se sont rendus coupables, lorsqu’Il dit : « Ils ont reconnu leur péché ; qu’une destruction atteigne donc les gens de la Fournaise ! » [al-Mulk : 11].