et qu’il reste en arrière du guide, il ne tirera aucun profit de ses indications ; il est dès lors considéré comme celui qui n’a rien appris. Car celui qui sait sans mettre son savoir en pratique est l’égal de l’ignorant qui ne sait pas, tout comme celui qui possède de l’or et de l’argent mais, affamé et nu, n’en achète ni nourriture ni vêtements se trouve dans la même situation qu’un pauvre démuni. Ainsi a-t-on dit :
« Celui qui s’abstient de dépenser lorsqu’il est dans le besoin,
par crainte de la pauvreté, c’est la pauvreté même qu’il accomplit. » (1)
Les Arabes qualifient d’“ignorance” la grossièreté et l’injure ; soit parce que ces attitudes sont le fruit de l’ignorance et portent donc le nom de leur cause, soit parce que le terme “ignorance” se définit par opposition au savoir et à l’action droite. Le poète a dit (2) :
« Que nul ne fasse preuve d’ignorance à notre encontre,
car alors nous répondrions par une ignorance plus grande encore. »
C’est dans ce sens que Moïse déclara à son peuple, lorsque ceux-ci dirent : « Te moques-tu de nous ? » : « Je cherche refuge auprès d’Allah contre le fait d’être du nombre des ignorants » (La Vache, 67) ; il a donc qualifié la dérision envers les croyants d’ignorance.
De même, Allah rapporte les paroles de Joseph : « Et si Tu n’éloignes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants » (Joseph, 33).
Ainsi encore, le Très-Haut dit : « Pratique le pardon, ordonne le bien et détourne-toi des ignorants » (Al-Aʿrâf, 199). Il ne s’agit pas de se détourner de celui qui est dépourvu de science — auquel cas on ne l’enseignerait ni ne le guiderait — mais bien de se détourner de l’attitude ignorante de quiconque se comporte avec ignorance, sans lui rendre la pareille ni le réprimander.