Quatrièmement : le fil de l’ayat ne s’accorde pas avec le sens qu’ils ont proposé, pas plus qu’il n’est pertinent de le faire suivre de cette parole : « Au contraire, Allah a scellé leurs cœurs à cause de leur mécréance. » Pour que l’ensemble soit cohérent, il aurait fallu qu’Allah leur retire la science et la sagesse qu’ils se vantaient de posséder, comme il leur fut rétorqué lorsqu’ils firent cette prétention : « Vous n’avez reçu de science que très peu » (Al-Isrâʾ, 85). Quant au passage qui nous occupe, lorsque ces gens ont affirmé que leurs cœurs étaient recouverts de voiles et d’enveloppes les empêchant de comprendre sa parole, Allah les a informés que leur mécréance, la rupture de leur alliance et le meurtre des prophètes avaient entraîné le sceau posé sur leurs cœurs.
Il ne fait aucun doute que, lorsqu’un cœur est ainsi scellé, l’image du savoir qu’il portait s’assombrit puis s’efface, pouvant même disparaître tout à fait, si bien que la cause par laquelle les bien-guidés trouvent la voie devient pour celui-là même un motif d’égarement. Le Très-Haut dit : « Il égare par cela beaucoup de gens et Il guide par cela beaucoup de gens ; mais Il n’égare par cela que les pervers, 26 ceux qui rompent l’alliance conclue avec Allah après l’avoir ratifiée, qui coupent ce qu’Allah a ordonné de maintenir et qui sèment la corruption sur terre ; ceux-là sont les perdants » (Al-Baqarah, 26-27). Allah indique ainsi que le Coran constitue une cause d’égarement pour ce groupe d’individus, alors qu’il est la guidance par laquelle Il a dirigé Son Messager et Ses serviteurs croyants. C’est pourquoi — glorifié soit-Il — Il a précisé qu’Il ne guide par lui que celui qui recherche l’agrément d’Allah (1).
Le Très-Haut dit encore : « Lorsqu’une sourate est révélée, certains d’entre eux demandent : “Laquelle de vous cette sourate a-t-elle fait progresser dans la foi ?” Quant à ceux qui ont cru, elle accroît leur foi et ils s’en réjouissent. 124 Mais ceux dont le cœur est malade, elle ajoute impureté à leur impureté et ils meurent en tant que mécréants » (At-Tawbah, 124-125).