à l’image d’un sabre dans son fourreau ; toute chose enfermée dans un étui est qualifiée d’aghlaf, son pluriel étant ghuluf. On dit ainsi : « un sabre aghlaf », « un arc ghalfâʾ », et l’on appelle aghlaf ou aqlaf l’homme qui n’est pas circoncis. Autrement dit : « Nos cœurs sont revêtus d’un voile, d’une couverture ; ils ne saisissent donc pas ce que tu dis, ô Muḥammad ﷺ. »
Ne vaut guère l’explication de celui qui affirme : « Ils veulent dire que leurs cœurs sont des ghuluf pour la science et la sagesse, c’est-à-dire des réceptacles déjà remplis ; nous n’avons donc nul besoin de ta parole et nous ne l’acceptons pas, car nous nous suffisons de ce que nous possédons » (1). Cette interprétation est irrecevable pour plusieurs raisons (2) :
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Ghuluf est le pluriel de aghlaf, tout comme quulf l’est de aqlaf, ḥumr de aḥmar, jurd de ajrad, ghulb de aghlab, et ainsi de suite. Dans la langue, l’aghlaf parmi les cœurs est celui qui se trouve enveloppé dans un fourreau ; tel est l’usage reconnu.
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Il n’est pas d’un emploi courant ni valable de dire : « Le cœur d’Untel est un fourreau pour telle chose. » On ne rencontre cette tournure ni dans leur prose ni dans leur poésie ; le Coran ne comporte pas non plus de parallèle qui permettrait de l’y rattacher, et cette image ne relève pas d’une figure littéraire élégante qu’il conviendrait de retenir. Il n’est donc pas permis de rapporter l’ayat à cette interprétation.
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Le propos de ces commentateurs rejoint la parole d’autres mécréants : « Nos cœurs sont dans des enveloppes à l’égard de ce à quoi tu nous appelles » (Fussilat, 5). Les akinnah évoqués ici sont précisément ces ghuluf qui enferment leurs cœurs ; les akinnah sont comparables à des étuis ou des couvertures qui protègent un objet, d’où le terme kinânah pour l’étui des flèches.