font exception : ils ne s’appuient guère que sur l’habitude et l’environnement dans lesquels ils ont été élevés tout enfants, qu’ils ne conçoivent ni ne ressentent autrement ; la « religion des habitudes » règne sur la plupart des hommes, et s’en détacher revient à quitter une nature pour en adopter une seconde.
Que les bénédictions et la paix d’Allah se répandent sur Ses prophètes et Ses envoyés, tout spécialement sur leur sceau et le meilleur d’entre eux, Muhammad ﷺ ; voyez comment ils ont bouleversé les coutumes viciées des peuples et les ont conduits vers la foi, jusqu’à leur faire acquérir une seconde nature qui les a arrachés à leurs habitudes et à leur nature corrompue. Nul ne mesure la difficulté qu’une telle transformation représente pour les âmes si ce n’est celui qui a tenté, ne fût-ce qu’une fois, de détourner un seul homme de sa religion et de ses convictions pour le ramener à la vérité. Qu’Allah récompense donc Ses messagers de la plus excellente récompense qu’Il ait jamais accordée à l’un des mondes.
Une fois établi qu’il existe deux catégories de causes efficientes, la première forme de guidance, prise isolément, n’entraîne pas nécessairement la bonne direction, tandis que la guidance complète, elle, la garantit.
La première consiste en la guidance de l’exposé, de l’indication et de l’enseignement ; c’est pourquoi l’on dit : « Il a été guidé, mais ne s’est pas laissé guider. »
La seconde réunit l’exposé et l’indication au don du succès et à la création de la volonté ; c’est la guidance qui implique inéluctablement la bonne direction : dès que la cause est présente et que les obstacles disparaissent, son effet doit nécessairement se produire.
Ici se niche une subtilité qui tranche la controverse : la présence d’un obstacle ou l’absence d’une condition rejaillit-elle sur la cause efficiente au point de l’affaiblir et de lui enlever sa force et sa capacité causale ? Ou bien la cause demeure-t-elle intacte, mais c’est l’obstacle qui, par sa vigueur, l’emporte et produit son propre effet ?
Appliquons cela à notre sujet : lorsque ces obstacles – ou certains d’entre eux – existent, la connaissance s’en trouve-t-elle amoindrie ou même anéantie, au point de devenir totalement inopérante ? Ou bien la connaissance reste-t-elle inchangée, mais l’obstacle, par sa force, prévaut-il, de sorte que le jugement lui revienne ?