Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Voici maintenant ses propres vers, dans lesquels il déclare explicitement avoir reconnu la prophétie de Muhammad – que la paix et la bénédiction soient sur lui – et la véracité de son message. Il dit :
« Je sais bien que la religion de Muhammad
est, de toutes les religions de l’humanité, la meilleure ;
si le blâme ou la crainte d’un reproche ne pesaient pas sur moi,
tu me verrais l’embrasser avec empressement et clarté. » (1)

Dans sa qasida lâmiyya (2), il ajoute :
« Par Allah, si le déshonneur
que l’on ferait peser sur nos anciens dans les assemblées
n’était pas à redouter,
nous l’aurions suivi en toute circonstance du temps,
avec gravité, et non par simple raillerie.
Ils savent que notre neveu n’est pas tenu pour menteur chez nous
et qu’il ne s’attache pas aux propos vains. »

Le “déshonneur” qu’il redoutait pour ses aïeux consistait à devoir témoigner contre eux de leur incroyance, de leur égarement, à tourner en dérision leur raison et à juger leur intelligence égarée ; c’est bien cela qui le retint d’entrer en islam malgré la certitude intime qu’il en avait.

Neuvième raison : qu’une personne qui lui est hostile parmi les gens précède quelqu’un dans l’adhésion au Messager, le devance dans l’entrée en sa religion, obtienne un privilège particulier (3) et se rapproche de lui.

(1) Dîwân Abî Tâlib, éd. Abû Hufân et ‘Alî b. Ḥamza, p. 87, 189 ; Sîra d’Ibn Isḥâq, p. 136 ; Khizânat al-adab, t. 3, p. 296, et passim. (2) Dîwân Abî Tâlib, p. 84, 198. Il s’agit d’une ode prestigieuse et remarquable, mais les copistes y ont beaucoup ajouté et certains spécialistes de poésie en contestent la majeure partie. Cf. Sîra d’Ibn Hishâm, 1/283 ; Ṭabaqât fuḥûl al-shu‘arâ’, p. 244 ; Sharḥ Nahj al-balâgha, 14/78 ; Al-Bidâya wa-n-nihâya, 4/142. (3) (mss. Ḥ) : « wa-takhsîṣihi » (« et sa spécification »).
وهذا شِعرُه يصرِّحُ فيه بأنه قد علمَ وتحقَّق نبوَّة محمدٍ ﷺ وصِدْقَه؛ كقوله: ولقد علمتُ بأنَّ دينَ محمدٍ ... من خَيْرِ أديان البريَّة دِينا لولا الملامةُ أو حِذارُ مَسَبَّةٍ ... لوجدتني سَمْحًا بذاك مُبِينا (١) وفي قصيدته اللاميَّة (٢): فواللهِ لولا أن تكونَ مَسَبَّةٌ ... تُجَرُّ على أشياخِنا في المَحافلِ لكنَّا اتَّبعناهُ على كلِّ حالةٍ ... من الدَّهر جِدًّا غير قولِ التَّهازُلِ لقد عَلِمُوا أنَّ ابننَا لا مُكَذَّبٌ ... لدينا ولا يُعْنى بقولِ الأباطِل والمَسبَّةُ التي زعم أنها تُجَرُّ على أشياخه شهادتُه عليهم بالكفر والضلال وتسفيه الأحلام وتضليل العقول؛ فهذا هو الذي منعه من الإسلام بعد تيقُّنه. السببُ التاسع: متابعةُ من يعاديه من الناس للرسول، وسبقُه إلى الدخول في دينه، وتخصُّصه (٣) وقربُه منه.
(١) «ديوان أبي طالب» صنعة أبي هفان وعلي بن حمزة (٨٧، ١٨٩)، و «سيرة ابن إسحاق» (١٣٦)، و «خزانة الأدب» (٣/ ٢٩٦)، وغيرها. (٢) «ديوان أبي طالب» (٨٤، ١٩٨). وهي قصيدةٌ باذخةٌ نبيلة، إلا أنَّ الناس زادوا فيها، وبعض أهل العلم بالشعر ينكرُ أكثرها. انظر: «السيرة» لابن هشام (١/ ٢٨٣)، و «طبقات فحول الشعراء» (٢٤٤)، و «شرح نهج البلاغة» (١٤/ ٧٨)، و «البداية والنهاية» (٤/ ١٤٢). (٣) (ح): «وتخصيصه».

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