et il déclare : « Je ne saurais m’écarter de la voie de mes pères et de mes aïeux. »
Sixième raison : l’attachement à la famille, aux proches et au clan. Celui qui envisage de suivre la vérité craint que, s’il leur désobéit, ils ne l’éloignent, ne le bannissent et ne l’expulsent de leur milieu. Voilà pourquoi nombre de gens demeurent dans la mécréance au sein de leur peuple, de leurs familles et de leurs tribus.
Septième raison : l’amour de la demeure et du pays natal. Même s’il n’y possède ni clan ni parents, il s’imagine que le fait de suivre le Messager l’obligera à quitter sa maison et sa patrie pour une terre d’exil ; il se montre donc jaloux de son pays et de sa demeure.
Huitième raison : l’idée qu’en embrassant l’islam et en suivant le Messager il porterait atteinte à ses pères et à ses ancêtres et les discréditerait. C’est précisément ce qui empêcha Abû Tâlib et ses semblables d’entrer en islam : ils tenaient leurs pères et grands-pères en si haute estime qu’ils répugnaient à témoigner contre eux de leur mécréance et de leur égarement ou à choisir pour eux-mêmes autre chose que ce qu’ils avaient choisi. Ils estimaient qu’en se convertissant ils ridiculiseraient la raison de ces derniers, les déclareraient égarés et leur imputeraient l’infamie suprême : la mécréance et l’association.
Ainsi, les ennemis d’Allah dirent à Abû Tâlib sur son lit de mort : « Vas-tu te détourner de la religion de ‘Abd al-Muṭṭalib ? » Sa dernière parole fut : « Je demeure sur la religion de ‘Abd al-Muṭṭalib. » (1)
Les ennemis d’Allah ne cessèrent de l’exhorter (2) par cette voie, sachant combien il vénérait son père ‘Abd al-Muṭṭalib et que toute sa gloire et sa noblesse venaient de lui. Comment aurait-il pu accomplir un acte impliquant de le rabaisser et de le dénigrer au plus haut point ?
C’est pourquoi il déclara : « N’était la crainte qu’un blâme ne s’abatte sur les Banû ‘Abd al-Muṭṭalib, je t’aurais comblé les yeux de joie » (3) – ou une parole de sens voisin.