Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

leur propre communauté (1).

Les polythéistes de Quraych détournaient ainsi chacun de la foi en fonction de sa passion ; ils savaient l’aborder par la faille qui le séduisait. À celui qui affectionnait la débauche et les turpitudes, ils disaient : « Muhammad interdit la fornication et il interdit le vin. » C’est de la sorte qu’ils détournèrent de l’islam le poète Al-Aʿshâ (2).

Il m’est arrivé de débattre à plusieurs reprises avec des gens du Livre au sujet de l’islam et de sa véracité. L’un d’eux finit par déclarer : « Je ne renoncerai pas au vin ; je le bois en toute quiétude (3). Si je me convertis, vous m’en empêcherez et vous me flagellerez pour en avoir bu. »

Un autre ajouta, après avoir compris mes propos : « J’ai des parents fortunés ; si je me convertissais, je ne recevrais plus rien de leurs biens, et j’espère pourtant hériter d’eux », ou des paroles de sens voisin (4).

Il ne fait aucun doute que cette considération habite l’âme de bien des mécréants : la force de l’appel des passions et de l’argent se conjugue à la faiblesse de l’appel de la foi, si bien qu’ils répondent à l’invitation des passions et de l’argent,

(1) Voir Ibn Qayyim, Hidayat al-hayara, pp. 27, 38 et 39. (2) Ibn Hicham rapporte cette histoire dans sa Sira (1/397) parmi les événements mecquois antérieurs à l’Hégire ; al-Suhayli, dans al-Rawd al-unuf (3/378), puis Ibn Kathir, dans al-Bidaya wa-n-nihaya (4/254), la contestent, rappelant que l’interdiction du vin n’a été révélée qu’à Médine. Il en ressort que la venue d’al-Asha remonte plutôt à l’époque médinoise, ce que confirme le contenu de la qasida où il loue le Prophète ﷺ. Voir également le commentaire du Dr Muhammad Muhammad Husayn dans son édition du Diwan (p. 134), l’article « Qasidat al-Asha fi madh al-rasul al-karim wa-akhbaruha » de Yasin Yusuf Ayach, Majallat Mujammaʿ al-lugha al-ʿarabiyya al-urdunni, 56/23/73, et « Wifadat al-Asha ʿala al-rasul: a-hiya sahihah » d’Abd al-Aziz al-Maniʿ, Majallat Maʿhad al-makhtutat, 28/1/241. (3) Tel que le portent les manuscrits : « Je la boirai maintenant, en sécurité, sans crainte de châtiment. » (4) Voir Ibn Qayyim, Ahkam ahl al-dhimma, p. 855.
قومهم (١). وقد كانت كفارُ قريش يصدُّون الرجلَ عن الإيمان بحسب شهوته، فيدخلونَ عليه منها؛ فكانوا يقولون لمن يحبُّ الزِّنا والفواحش: إنَّ محمدًا يحرِّم الزِّنا، ويحرِّم الخمر؛ وبه صدُّوا الأعشى الشاعر عن الإسلام (٢). وقد فاوضتُ غير واحدٍ من أهل الكتاب في الإسلام وصحَّته، فكان آخر ما كلَّمني به أحدهم: أنا لا أتركُ الخمر، وأشربُها آمنًا (٣)، فإذا أسلمتُ حُلْتُم بيني وبينها وجلدتموني على شربها. وقال آخر منهم ــ بعد أن عرف ما قلتُ له ــ: لي أقاربُ أربابُ أموالٍ وإني إن أسلمتُ لم يَصِل إليَّ منها شيء، وأنا أؤمِّلُ أن أرِثَهم. أو كما قال (٤). ولا ريب أنَّ هذا القَدْرَ في نفوس خلقٍ كثيرٍ من الكفار، فتتفقُ قوةُ داعي الشهوة والمال، وضعفُ داعي الإيمان، فيجيبُ داعي الشهوة والمال،
(١) انظر: «هداية الحيارى» (٢٧، ٣٨، ٣٩). (٢) أورد القصة ابنُ هشام في «السيرة» (١/ ٣٩٧) ضمن الأحداث التي وقعت بمكة قبل الهجرة، فتعقَّبه السُّهيلي في «الروض الأنف» (٣/ ٣٧٨)، وابنُ كثير في «البداية والنهاية» (٤/ ٢٥٤) بأن تحريم الخمر إنما كان بالمدينة. فالظاهرُ أن قدوم الأعشى كان بعد الهجرة، وفي قصيدته التي مدح فيها النبيَّ ﷺ ما يدلُّ على ذلك. وانظر تعليق د. محمد محمد حسين في تحقيقه لديوانه (١٣٤)، ومقال «قصيدة الأعشى في مدح الرسول الكريم وأخبارها» لياسين يوسف عايش في مجلة مجمع اللغة العربية الأردني (٥٦/ ٢٣/٧٣)، ومقال «وفادة الأعشى على الرسول أهي صحيحة» لعبد العزيز المانع في مجلة معهد المخطوطات (٢٨/ ١/٢٤١). (٣) كذا في الأصول. أي: أشربها الآن وأنا آمنٌ من العقوبة. (٤) انظر: «أحكام أهل الذمة» (٨٥٥).

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