leur propre communauté (1).
Les polythéistes de Quraych détournaient ainsi chacun de la foi en fonction de sa passion ; ils savaient l’aborder par la faille qui le séduisait. À celui qui affectionnait la débauche et les turpitudes, ils disaient : « Muhammad interdit la fornication et il interdit le vin. » C’est de la sorte qu’ils détournèrent de l’islam le poète Al-Aʿshâ (2).
Il m’est arrivé de débattre à plusieurs reprises avec des gens du Livre au sujet de l’islam et de sa véracité. L’un d’eux finit par déclarer : « Je ne renoncerai pas au vin ; je le bois en toute quiétude (3). Si je me convertis, vous m’en empêcherez et vous me flagellerez pour en avoir bu. »
Un autre ajouta, après avoir compris mes propos : « J’ai des parents fortunés ; si je me convertissais, je ne recevrais plus rien de leurs biens, et j’espère pourtant hériter d’eux », ou des paroles de sens voisin (4).
Il ne fait aucun doute que cette considération habite l’âme de bien des mécréants : la force de l’appel des passions et de l’argent se conjugue à la faiblesse de l’appel de la foi, si bien qu’ils répondent à l’invitation des passions et de l’argent,