et que la vérité était bel et bien de son côté ; pourtant, l’orgueil et la jalousie les poussèrent à la mécréance. C’est ainsi que la foi fit défaut à Umayya(1) et à ses semblables, bien qu’ils fussent informés de la prophétie de Muhammad ﷺ.
Quatrième raison : l’obstacle que représentent le pouvoir et la souveraineté. Lorsqu’un homme n’est mû ni par jalousie ni par refus hautain de la vérité, il lui reste toutefois impossible de concilier soumission et maintien de son trône ; il rechigne donc à se défaire de sa royauté et de sa présidence. Il en fut ainsi d’Héraclius et de ceux qui lui ressemblent parmi les rois mécréants : ils savaient intérieurement la véracité de sa mission, désiraient entrer dans sa religion, mais craignirent pour leur royaume.
Tel est le mal qui frappe les détenteurs de l’autorité, des gouvernorats et des hautes charges ; rares sont ceux qu’Allah en préserve. C’était la maladie de Pharaon et de son peuple ; aussi dirent-ils : « Allons-nous croire en deux hommes semblables à nous, alors que leur peuple nous est asservi ? » (Al-Muʾminûn 47). Ils répugnaient à croire, à suivre Moïse et Aaron et à se soumettre à eux, tandis que les Enfants d’Israël leur étaient assujettis.
On rapporte encore que, lorsque Pharaon envisagea de suivre Moïse et de l’attester véridique, il consulta Hâmân, son ministre. Celui-ci lui dit : « Toi que l’on adore comme une divinité, vas-tu devenir un serviteur qui adore un autre que toi ! »(2). Pharaon rejeta donc la servitude et préféra le pouvoir — et la prétention, impossible, à la divinité(3).
Cinquième raison : l’empêchement suscité par la passion et l’attachement aux richesses ; c’est ce qui détourna nombre de gens du Livre de la foi, par crainte de voir disparaître les revenus et les biens qui leur parvenaient de