Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

mais son efficacité reste conditionnée par la pureté(1) du réceptacle et par sa disposition à recevoir la purification. Si le réceptacle n’est ni pur ni propre à la purification, il est semblable à un sol rocailleux que l’eau effleure : aucune plante ne peut y pousser, faute d’aptitude et de réceptivité.

Ainsi, quand le cœur devient dur comme la pierre, qu’il refuse toute purification et que les exhortations n’ont sur lui aucun effet, il ne tire aucun profit du savoir qu’il possède, tout comme la terre compacte ne produit rien, fussent-elle abreuvée par toutes les pluies et ensemencée de toutes les semences.

À propos de cette catégorie de gens, Allah — exalté soit-Il — dit : « Ceux sur qui la parole de ton Seigneur s’est réalisée ne croiront pas, quand bien même tous les signes leur parviendraient, jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux. » (Yûnus 96-97). Il dit encore : « Quand bien même Nous ferions descendre vers eux les anges, que les morts leur parleraient et que Nous rassemblerions devant eux toutes choses, ils ne croiraient que si Allah le veut. » (Al-Anʿâm 111). Et Il dit : « Dis : “Regardez donc ce qu’il y a dans les cieux et sur la terre.” Mais ni les signes ni les avertissements ne servent à un peuple qui ne croit pas. » (Yûnus 101). De tels versets abondent dans le Coran.

Si donc le cœur est dur, grossier, insensible, le savoir n’a aucune prise sur lui ; de même, s’il est malade, mou, aqueux, dépourvu de fermeté, de force et de résolution, le savoir n’y produit aucun effet.

Troisième raison : la présence d’un empêchement, à savoir l’envie ou l’orgueil. Tel fut l’obstacle qui empêcha Iblîs d’obéir à l’ordre divin ; c’est la maladie des anciens comme des modernes, sauf ceux qu’Allah préserve. À cause d’elle, la foi fit défaut aux Juifs qui virent le Messager d’Allah ﷺ, reconnurent la véracité de sa prophétie, ainsi qu’à leurs semblables. C’est elle qui empêcha ʿAbd Allâh ibn Ubayy de croire, et, pour la même raison, la foi se déroba à Abû Jahl et aux autres polythéistes ; ils ne doutaient pourtant pas de sa sincérité.

(1) Le manuscrit (qāf) lit : « bi-zakât » (par/avec la zakât).
مشروطًا بزَكاء (١) المحلِّ وقبوله للتزكية، فإذا كان المحلُّ غير زكيٍّ ولا قابلٍ للتزكية كان كالأرض الصَّلْدَة التي يخالطُها الماء، فإنه يمتنعُ النباتُ منها؛ لعدم أهليتها وقبولها. فإذا كان القلبُ قاسيًا حَجَريًّا، لا يقبلُ تزكيةً ولا تُؤثِّرُ فيه النصائح، لم ينتفع بكلِّ علمٍ يعلمُه، كما لا تنبتُ الأرضُ الصلبة ولو أصابها كلُّ مطر، وبُذِرَ فيها كلُّ بَذْر. كما قال تعالى في هذا الصنف من الناس: ﴿إِنَّ الَّذِينَ حَقَّتْ عَلَيْهِمْ كَلِمَتُ رَبِّكَ لَا يُؤْمِنُونَ (٩٦) وَلَوْ جَاءَتْهُمْ كُلُّ آيَةٍ حَتَّى يَرَوُا الْعَذَابَ الْأَلِيمَ﴾ [يونس: ٩٦ - ٩٧]، وقال تعالى: ﴿وَلَوْ أَنَّنَا نَزَّلْنَا إِلَيْهِمُ الْمَلَائِكَةَ وَكَلَّمَهُمُ الْمَوْتَى وَحَشَرْنَا عَلَيْهِمْ كُلَّ شَيْءٍ قُبُلًا مَا كَانُوا لِيُؤْمِنُوا إِلَّا أَنْ يَشَاءَ اللَّهُ﴾ [الأنعام: ١١١]، وقال تعالى: ﴿قُلِ انْظُرُوا مَاذَا فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَمَا تُغْنِي الْآيَاتُ وَالنُّذُرُ عَنْ قَوْمٍ لَا يُؤْمِنُونَ﴾ [يونس: ١٠١]. وهذا في القرآن كثير. فإذا كان القلبُ قاسيًا غليظًا جافيًا لا يعملُ فيه العلمُ شيئًا، وكذلك إذا كان مريضًا مَهِينًا مائيًّا لا صلابةَ فيه ولا قوةَ ولا عزيمة لم يؤثِّر فيه العلم. السببُ الثالث: قيامُ مانع؛ وهو إمَّا حسدٌ أو كِبْر، وذلك مانعُ إبليس من الانقياد للأمر، وهو داءُ الأولين والآخرين إلا من عصم الله، وبه تخلَّف الإيمانُ عن اليهود الذين شاهدوا رسول الله ﷺ وعرفوا صحةَ نبوَّته ومن جرى مجراهم، وهو الذي منع عبد الله بن أبيٍّ من الإيمان، وبه تخلَّفَ الإيمانُ عن أبي جهلٍ وسائر المشركين؛ فإنهم لم يكونوا يرتابون في صدقه
(١) (ق): «بزكاة».

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