Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Pour expliciter cela, rappelons qu’il existe deux catégories de causes (muqtaḍî) :

– Une cause dont l’effet requis ne lui fait jamais défaut(1) ; elle l’entraîne aussi nécessairement qu’une cause complète entraîne son effet.

– Et une cause incomplète : son effet peut ne pas se produire(2), soit parce qu’elle est, en elle-même, insuffisante pour être parfaite(3), soit parce qu’il manque une condition à son efficacité, soit enfin parce qu’un empêchement vient neutraliser son influence.

Si, par l’affirmation selon laquelle la science est cause de la guidée, on entend une cause parfaite(4) dont l’effet ne se sépare jamais — en sorte que la guidée se réalise immanquablement —, l’avis correct est alors celui du second groupe : de la science ne découle pas nécessairement la guidée recherchée.

En revanche, si l’on veut dire qu’elle possède seulement l’aptitude à produire la guidée, qu’elle la sollicite, tout en admettant que son effet puisse manquer en raison de son insuffisance, de l’absence d’une condition ou de la présence d’un empêchement, l’avis correct est celui du premier groupe.

Voici le détail : il se peut qu’un homme sache qu’une chose constitue la cause de son intérêt, de son plaisir et de sa joie, et pourtant n’agisse pas conformément à ce qu’il sait, pour plusieurs raisons(5) :

Première raison : la faiblesse de cette connaissance.

Deuxième raison : l’absence d’aptitude. Il se peut, certes, que sa connaissance à ce sujet soit complète, mais

(1) Les manuscrits Qāf et Nūn portent : «mujibuhu wa-muqtadāhu li-quṣūri-hi fī nafsihi» («son exigence et son effet sont limités par sa propre insuffisance»). (2) Les mots «bal qad» n’apparaissent pas dans les manuscrits Dāl, Tāʼ et Qāf. Le manuscrit Qāf lit «lā yatakhallaf» («ne se fait pas attendre»), tandis que Tāʼ lit «lā yakhtalif» («ne diffère pas»). (3) Le manuscrit Tāʼ lit «al-qiyām» («l’accomplissement»). (4) Les manuscrits Tāʼ et Qāf donnent «wa-l-iqtiḍāʾ al-tām» ; c’est une méprise due à la confusion entre hamza et wāw. (5) Voir : Ibn al-Qayyim, Hidayat al-ḥayārā, p. 39 et 269 (éd. cit.).
وبيانُ هذا: أنَّ المقتضي قسمان: * مقتضٍ لا يتخلَّفُ عنه مُوجَبُه ومقتضاه (١)، بل يستلزمُه استلزامَ العلَّة التامَّة لمعلولها. * ومقتضٍ غيرُ تامٍّ، بل قد يتخلَّفُ (٢) عنه مقتضاه؛ لقصوره في نفسه عن التمام (٣)، أو لفوات شرط اقتضائه، أو قيام مانعٍ منعَ تأثيرَه. فإن أريدَ بكون العلم مقتضيًا للاهتداء الاقتضاءُ التامُّ (٤) الذي لا يتخلَّف عنه أثرُه بل يلزمُه الاهتداءُ بالفعل؛ فالصوابُ قولُ الطائفة الثانية، وأنه لا يلزمُ من العلم حصولُ الاهتداء المطلوب. وإن أريدَ بكونه مُوجِبًا أنه صالحٌ للاهتداء، مقتضٍ له، وقد يتخلَّفُ عنه مقتضاه لقصوره، أو لفوات شرطٍ، أو قيام مانع؛ فالصوابُ قولُ الطائفة الأولى. وتفصيلُ هذه الجملة: أنَّ العلمَ بكون الشيء سببًا لمصلحة العبد ولذَّته وسروره قد يتخلَّفُ عنه عملُه بمقتضاه، لأسبابٍ عديدة (٥): السببُ الأول: ضعفُ معرفته بذلك. السببُ الثاني: عدمُ الأهليَّة. وقد تكونُ معرفتُه به تامة، لكن يكونُ
(١) (ق، ن): «موجبه ومقتضاه لقصوره في نفسه». (٢) «بل قد» ليست في (د، ت، ق». (ق): «لا يتخلف». (ت): «لا يختلف». (٣) (ت): «القيام». (٤) (ت، ق): «والاقتضاء التام». وهو خطأ، اشتبهت الهمزة بالواو. (٥) انظر: «هداية الحيارى» (٣٩، ٢٦٩).

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