Pour expliciter cela, rappelons qu’il existe deux catégories de causes (muqtaḍî) :
– Une cause dont l’effet requis ne lui fait jamais défaut(1) ; elle l’entraîne aussi nécessairement qu’une cause complète entraîne son effet.
– Et une cause incomplète : son effet peut ne pas se produire(2), soit parce qu’elle est, en elle-même, insuffisante pour être parfaite(3), soit parce qu’il manque une condition à son efficacité, soit enfin parce qu’un empêchement vient neutraliser son influence.
Si, par l’affirmation selon laquelle la science est cause de la guidée, on entend une cause parfaite(4) dont l’effet ne se sépare jamais — en sorte que la guidée se réalise immanquablement —, l’avis correct est alors celui du second groupe : de la science ne découle pas nécessairement la guidée recherchée.
En revanche, si l’on veut dire qu’elle possède seulement l’aptitude à produire la guidée, qu’elle la sollicite, tout en admettant que son effet puisse manquer en raison de son insuffisance, de l’absence d’une condition ou de la présence d’un empêchement, l’avis correct est celui du premier groupe.
Voici le détail : il se peut qu’un homme sache qu’une chose constitue la cause de son intérêt, de son plaisir et de sa joie, et pourtant n’agisse pas conformément à ce qu’il sait, pour plusieurs raisons(5) :
Première raison : la faiblesse de cette connaissance.
Deuxième raison : l’absence d’aptitude. Il se peut, certes, que sa connaissance à ce sujet soit complète, mais