et pour ses biens ainsi que pour sa subsistance ; il en vient alors, délibérément, à préférer la mécréance à la foi.
- Une mécréance de pur détournement : l’homme ne prête aucune attention à ce qu’a apporté le Messager, ne l’aime ni ne le déteste, ne lui prête allégeance ni ne le combat ; il se tient simplement à l’écart aussi bien de son suivisme que de son opposition.
Ces deux catégories — la seconde et la troisième — sont rejetées par la plupart des théologiens spéculatifs ; ils ne reconnaissent comme mécréance que la première et ne considèrent les deux autres comme telles qu’en tant qu’elles ramènent à la première, non parce qu’elles constitueraient en elles-mêmes une mécréance. Pour eux, la mécréance se réduit donc au seul état d’ignorance.
Or quiconque médite le Coran et la sunna, quiconque étudie la vie des prophètes, la manière dont ils ont appelé leurs peuples et ce qui s’est passé entre eux, se persuade de l’erreur des théologiens dialecticiens. Il voit clairement que, de façon générale, la mécréance des nations reposait sur une certitude, une connaissance et une conscience pleines de la véracité de leurs prophètes, de la justesse de leur prédication et de ce qu’ils leur avaient apporté.
Le Coran regorge de récits attestant que les polythéistes idolâtres reconnaissaient Allah : Lui seul était, à leurs yeux, leur Maître et leur Créateur ; la terre et tout ce qu’elle contient Lui appartenaient exclusivement ; Il était le Seigneur des sept cieux et du Trône sublime ; la royauté de toute chose était entre Ses mains ; Il protège tandis que nul ne peut Le protéger de quoi que ce soit ; c’est Lui qui a soumis le soleil et la lune, fait descendre la pluie et fait pousser la végétation.
Le Coran les interpelle sur ces aveux mêmes et se sert de ce qu’ils reconnaissent pour démontrer la véracité de l’appel de Ses envoyés. Comment donc prétendre que ces gens n’auraient jamais admis l’existence d’un Seigneur et Créateur ? Quelle calomnie insigne !
La mécréance est donc autre chose qu’une simple ignorance ; la forme de mécréance la plus grave est précisément celle que ces hommes nient et prétendent ne pas être de la mécréance.
Ils affirment en outre : « Le cœur est astreint à deux obligations, et l’on ne devient croyant que lorsqu’on les réunit toutes deux : »