Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et l’égarement, et ce seul témoignage ne les fit pas entrer en islam.

On a donc soutenu, premièrement, que l’incroyant ne devient pas musulman par la seule attestation que Muhammad est le Messager d’Allah ﷺ tant qu’il n’atteste pas aussi l’unicité d’Allah.

Deuxièmement, d’autres estiment qu’il devient musulman rien qu’en la prononçant.

Troisièmement, on a dit : si sa mécréance tient au démenti du Messager – comme c’est le cas des Juifs –, cette attestation suffit à le faire entrer en islam ; mais si sa mécréance s’accompagne d’association, il ne devient musulman qu’en proclamant également l’unicité (1), ainsi qu’il en va des chrétiens et des polythéistes.

Ces trois avis se rencontrent dans l’école de l’imâm Ahmad et chez d’autres (2).

Dans cette perspective, le statut de musulmans n’a pas été reconnu aux Juifs qui avaient pourtant attesté sa mission, parce que la simple reconnaissance verbale de la validité de sa prophétie ne suffit pas : il faut encore s’engager à lui obéir et à le suivre. Autrement, si quelqu’un disait : « Je sais qu’il est prophète, mais je ne le suis pas et je ne pratique pas sa religion », il serait alors parmi les pires mécréants, à l’instar de ces Juifs et d’autres.

Tel est le consensus des Compagnons, des Successeurs et des imâms de la sunna : la foi ne se réduit ni aux paroles de la langue ni à la seule connaissance intérieure ; elle exige l’acte du cœur, à savoir l’amour d’Allah et de Son Messager, la soumission à Sa religion et l’engagement de Lui obéir et de suivre Son Envoyé.

(1) Les manuscrits Qâf et Tâ indiquent : « bi-sh-shahada » (par le témoignage), tandis que les copies Hâ et Nûn portent : « bi-sh-shahada bihi » (par le témoignage en sa faveur). (2) Voir : Ahmad, al-‘Ilal, 3/83 (récension de ‘Abd Allah) ; al-Khallal, Kitab Ahl al-Milal wa-l-Ridda wa-l-Zanadiqa, extrait du al-Jami‘, 2/372 ; Abu Ya‘la, al-Riwayatayn wa-l-Wajhayn, 2/311 ; Ibn Qudama, al-Mughni, 12/288 ; Sharh al-Zarkashi, 6/266 ; Ibn al-Qayyim, Zad al-Ma‘ad, 3/639.
والضلال، ولم يصيروا مسلمين بهذه الشهادة. فقيل: لا يصيرُ الكافرُ مسلمًا بمجرَّد شهادة أنَّ محمدًا رسولُ الله ﷺ حتى يشهدَ لله بالوحدانيَّة. وقيل: يصيرُ بذلك مسلمًا. وقيل: إن كان كفرُه بتكذيب الرسول ــ كاليهود ــ صار مسلمًا بذلك، وإن كان كفره بالشرك مع ذلك لم يَصِرْ مسلمًا إلا بالشهادة بالتوحيد (١)، كالنصارى والمشركين. وهذه الأقوالُ الثلاثةُ في مذهب الإمام أحمد وغيره (٢). وعلى هذا، فإنما لم يحكم لهؤلاء اليهود الذين شهدوا له بالرسالة بحكم الإسلام؛ لأنَّ مجردَ الإقرار والإخبار بصحَّة رسالته لا يوجبُ الإسلام، إلا أن يلتزمَ طاعتَه ومتابعتَه، وإلا فلو قال: أنا أعلمُ أنه نبيٌّ، ولكنْ لا أتبعُه ولا أدينُ بدينه؛ كان من أكفَر الكفَّار، كحال هؤلاء المذكورين وغيرهم. وهذا متفقٌ عليه بين الصحابة والتابعينَ وأئمَّة السُّنَّة: أنَّ الإيمانَ لا يكفي فيه قولُ اللسان بمجرَّده، ولا معرفةُ القلب مع ذلك، بل لا بدَّ فيه من عمل القلب، وهو حبُّه لله ورسوله، وانقيادُه لدينه، والتزامُه طاعتَه ومتابعةَ رسوله.
(١) (ق، ت): «بالشهادة». (ح، ن): «بالشهادة به». (٢) انظر: «العلل» لأحمد (٣/ ٨٣ - رواية عبد الله)، وكتاب أهل الملل والردة والزنادقة من «الجامع» للخلال (٢/ ٣٧٢)، و «الروايتين والوجهين» لأبي يعلى (٢/ ٣١١)، و «المغني» (١٢/ ٢٨٨)، و «شرح الزركشي» (٦/ ٢٦٦)، و «زاد المعاد» (٣/ ٦٣٩).

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