et son entretien avec Abû Sufyân, au cours du voyage qu’ils firent ensemble, est bien connu : il lui parla du Messager d’Allah ﷺ ; puis, lorsqu’il en fut certain et reconnut sa véracité, il déclara : « Jamais je ne croirai en un prophète qui ne soit pas issu de Thaqîf ! » (1).
Quant à Héraclius, il sut avec certitude qu’il était bel et bien le Messager d’Allah ﷺ ; il n’en douta point, mais préféra l’égarement et la mécréance afin de préserver son royaume (2).
Lorsque les Juifs l’interrogèrent sur les neuf signes évidents, il les leur exposa. Ils lui baisèrent alors la main et dirent : « Nous attestons que tu es un prophète. » – « Qu’est-ce donc qui vous empêche de me suivre ? » demanda-t-il. Ils répondirent : « David – paix sur lui – a prié pour qu’il subsiste toujours un prophète dans sa descendance, et nous craignons que si nous te suivons, les autres Juifs ne nous tuent. » (3)
Ainsi, ces hommes avaient acquis la certitude de sa prophétie et en firent eux-mêmes témoignage ; malgré cela, ils choisirent la mécréance.
(1) Ce récit figure, avec une chaîne de transmission détaillée, chez at-Tabarani dans Al-Kabir (8/5), al-Bayhaqi dans Dalaʾil an-nubuwwa (2/116), Abou l-Qasim at-Taymi dans Dalaʾil an-nubuwwa (p. 226) et Ibn ʿAsakir dans Tarikh Dimashq (9/257), par plusieurs voies.
(2) Le fait est bien connu ; il a été rapporté par al-Bukhari (no 7) et Muslim (no 1773).
(3) Rapporté par at-Tirmidhi (2733, 3144), an-Nasaʾi (4078), Ibn Majah (3705) et d’autres, d’après le compagnon Safwan ibn ʿAssal. La chaîne présente une faiblesse et le contenu comporte une singularité ; an-Nasaʾi a jugé dans As-Sunan al-kubra (3527) : « Ce hadith est réprouvé. » Cf. Tahrhib Sunan Abi Dawud de l’auteur (14/86), Tafsir Ibn Kathir (5/2135) et Al-Bidaya wa-n-nihaya (9/96).
Toutefois, plusieurs savants l’ont authentifié : at-Tirmidhi le qualifie de « hadith hassan sahih » ; al-Hakim affirme dans Al-Mustadrak (1/9) : « Ce hadith est authentique, sans aucun défaut, bien que non rapporté par al-Bukhari et Muslim », appréciation que adh-Dhahabi n’a pas contestée. Al-Dhiya l’a également inclus dans Al-Mukhtara (8/28), et Ibn Hajar conclut dans At-Talkhis (4/93) : « Sa chaîne est solide. »