Le Très-Haut dit également : « Les ‘Âd et les Thamûd – et il vous est désormais clair, à travers leurs demeures, [ce qu’il advint d’eux] – ; le Diable enjoliva à leurs yeux leurs actions, les détourna du chemin et, pourtant, ils étaient clairvoyants. » ⦗al-ʿAnkabût : 38⦘.
Cela montre que leur protestation : « Ô Hûd, tu ne nous as apporté aucune preuve décisive ; jamais nous n’abandonnerons nos divinités sur ta parole et nous ne croyons pas en toi. » ⦗Hûd : 53⦘ relève soit du mensonge et de la dénégation, soit du refus des signes qu’ils exigeaient par défi ‑ signes qu’il n’était nullement obligatoire de leur fournir.
Par ailleurs, Allah – exalté soit-Il – a décrit Thamûd comme ayant rejeté la vérité en toute connaissance et lucidité ; c’est pourquoi Il a dit : « Nous avons accordé à Thamûd la chamelle comme signe lumineux, mais ils lui firent tort. » ⦗al-Isrâ’ : 59⦘, c’est-à-dire un signe éclatant. Il en va de même de Sa parole : « Nous avons fait de l’astre du jour un signe éclatant. » ⦗al-Isrâ’ : 12⦘.
Le terme employé signifie, à l’origine, qu’il rend celui qui le voit “voyant” : il lui confère la vue, le met en état de voir, autrement dit il clarifie et met en évidence. On dit : « baṣura bi-hi » (il l’a vu), comme dans : « Elle l’aperçut de loin. » ⦗al-Qaṣaṣ : 11⦘ et : « J’ai vu ce qu’ils n’ont pas vu. » ⦗Ṭâ : 96⦘.
Quant à la forme « abṣarah », elle possède deux acceptions :
- Faire de quelqu’un un voyant quant à la chose, c’est-à-dire lui en donner la claire perception (1), comme pour le signe du jour et celui de Thamûd.
- Voir la chose, ainsi : « abṣartu Zaydan » (j’ai vu Zayd). Il en est ainsi dans le hadith d’Abû Shurayḥ al-ʿAdawî : « Je vais te rapporter une parole que le Messager d’Allah ﷺ prononça le jour de la Conquête ; mes oreilles l’ont entendue, mon cœur l’a retenue et mes yeux l’ont vue lorsqu’il la prononça. » (2)