De même, le Très-Haut rapporte ces paroles de Moïse adressées à Pharaon : « Tu sais très bien que nul n’a fait descendre ces signes si ce n’est le Seigneur des cieux et de la terre, pour servir d’éclaircissements ; quant à moi, ô Pharaon, je te tiens certes pour voué à la perdition. » (al-Isrâ’ 102). Le terme « mathbûran » signifie « perdu, voué à la ruine » lorsqu’on prononce la troisième lettre avec une voyelle ouverte, lecture retenue par la majorité ; seul al-Kisâ’î l’a lue avec la voyelle fermée (1).
La récitation majoritaire est la plus éloquente, la plus limpide et la plus solennelle ; c’est elle qui établit la preuve, rend l’argument irréfutable et confirme l’incroyance obstinée de Pharaon. Elle trouve appui dans cette autre parole divine au sujet de Pharaon et de son peuple : « Lorsque Nos signes évidents leur parvinrent, ils dirent : “Voilà une magie manifeste.” Ils les nièrent, alors que leurs propres âmes en étaient convaincues, par injustice et orgueil. Regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs. » (an-Naml 13-14). Ainsi, le Très-Haut nous informe que leur démenti et leur mécréance reposaient sur la certitude — la forme de connaissance la plus forte — et qu’ils n’agirent que par iniquité et arrogance, non par ignorance.
Le Très-Haut dit encore à Son Messager : « Nous savons certes que ce qu’ils disent t’attriste ; or, ce n’est pas toi qu’ils traitent de menteur ; ce sont les injustes qui rejettent les signes d’Allah. » (al-Anʿâm 33). Autrement dit, ils savent que tu dis vrai et que tu ne mens pas, mais ils s’entêtent et renient malgré leur connaissance. C’est l’explication donnée par Ibn ʿAbbâs, qu’Allah l’agrée, et par les exégètes (2).
Qatâdah a déclaré : « Ils savent que tu es le Messager d’Allah, mais ils le renient » (3), conformément à Sa parole : « Ils les nièrent, alors que leurs propres âmes en étaient convaincues, par injustice et orgueil. » (4)